Alerte frissons et nostalgie des années 2000 : Shutter Story débarque en force sur Steam pour le Next Fest. Sortez vos souris, dépoussiérez vos outils de retouche et préparez-vous à douter de chaque pixel. Spoiler : ce n’est pas un problème de lentille, c’est bien pire que ça.
Le Steam Next Fest est souvent l’occasion de découvrir des pépites cachées, mais c’est aussi le moment où l’on réalise que notre curiosité finira par nous tuer (virtuellement, espérons-le). Aujourd’hui, on braque l’objectif sur Shutter Story, la nouvelle création de Frostwood Interactive. Ce petit studio indépendant, niché à Goa en Inde, n’en est pas à son coup d’essai en matière de narration poignante. Après avoir exploré la mélancolie et la psyché humaine avec Rainswept et Unwording, ils s’aventurent cette fois dans les recoins les plus sombres de l’horreur psychologique et numérique. Si vous pensiez que le paranormal se limitait à des portes qui grincent ou à des planches Ouija oubliées dans un grenier, vous n’étiez manifestement pas prêts pour la puissance terrifiante de la retouche photo spectrale. Préparez-vous à une immersion totale dans une époque charnière où Internet était encore un territoire sauvage et où les photos numériques commençaient à peine à remplacer la pellicule, devenant des preuves que l’on pensait immuables… à tort.



📸 Le Pitch : « Mon pote Eli a un sérieux problème (et ses parents s’en fichent) »
Votre meilleur ami, Eli, est dans un état de paranoïa avancée qui ferait passer les théoriciens des anciens astronautes pour des gens terre-à-terre : il est persuadé que sa famille est la cible d’un harcèlement spectral persistant. Classique, me direz-vous. Au début, vous le prenez pour un illuminé qui a passé trop de temps sur des forums obscurs à 3 heures du matin, mais lorsqu’il commence à vous partager les fichiers bruts de l’album de famille, l’ambiance change radicalement de ton. Les sourires figés sur les photos de vacances semblent soudainement forcés, et les ombres en arrière-plan paraissent avoir une volonté propre.
Ses parents ? Ils balaient ses inquiétudes d’un revers de main avec une condescendance presque criminelle, mettant cela sur le compte d’une imagination débordante, d’un stress universitaire ou d’un manque de sommeil chronique. C’est là que vous entrez en scène, armé de votre expertise technique. En tant qu’apprenti monteur photo talentueux et ami dévoué (ou peut-être juste un peu trop avide de sensations fortes pour votre propre bien), vous devenez son dernier recours, son expert médico-légal du paranormal. Votre mission consiste à fouiller dans les archives visuelles de la lignée d’Eli, un héritage numérique s’étendant sur plusieurs générations de secrets enfouis. Vous devrez analyser, manipuler, filtrer et éditer ces images pour en extraire la vérité brute : des entités, des anomalies et des preuves irréfutables que l’œil humain ignore par instinct de survie, mais que votre logiciel, lui, ne ratera pas.

🖥️ Un gameplay entre « Photoshop de l’au-delà » et terreur pure
Oubliez les fusils d’assaut, les puzzles de médaillons compliqués ou les lampes torche qui s’éteignent miraculeusement toutes les trois secondes. Dans Shutter Story, votre arme la plus redoutable — et votre seule barrière contre la folie — est un ordinateur de bureau massif, vestige du début des années 2000, équipé de la suite logicielle révolutionnaire SpectralAware™ 2.1.
Voici ce qui rend cette expérience de jeu absolument unique et viscérale :
- L’interface immersive (OS Vintage) : Le jeu vous installe littéralement devant un moniteur cathodique virtuel. Le système d’exploitation rend un hommage vibrant et légèrement inquiétant à l’esthétique Frutiger Aero — cette époque de dégradés brillants, de bulles d’eau et de sons système apaisants (pensez à l’époque Windows Vista/7). C’est beau, c’est propre, c’est terriblement nostalgique… et c’est précisément cette normalité numérique qui rend l’apparition d’une silhouette déformée au détour d’un dossier « Mes Images » si efficace. Le contraste entre le confort de la technologie passée et l’horreur organique qui s’y infiltre est saisissant.
- L’analyse spectrale et le montage narratif : Avec plus de 80 photos et clips vidéo à décortiquer, le jeu propose une narration environnementale d’une densité rare. Vous ne vous contentez pas de regarder des images ; vous les autopsiez. Vous allez devoir zoomer sur des arrière-plans flous pour isoler des formes, ajuster les niveaux d’exposition pour révéler ce qui se cache dans les coins sombres d’une cave en 1998, et monter des séquences vidéo fragmentées pour reconstituer la chronologie d’un drame familial qui refuse de rester enterré. Chaque calque que vous activez peut être celui qui révélera l’insoutenable.
- Le passage à la première personne : Parce que rester confortablement installé derrière un écran LCD serait bien trop simple pour votre rythme cardiaque, Shutter Story brise régulièrement la sécurité de votre bureau virtuel. Le jeu propose des séquences en vue subjective à l’intérieur même de la maison d’Eli. C’est dans ces moments-là que l’horreur psychologique que vous traquiez sur vos photos se transforme en une menace physique et immédiate. Le clic de la souris est remplacé par le craquement du parquet, et vous réalisez que si vous pouvez voir les entités à travers votre écran, elles savent parfaitement où vous êtes assis.



🎥 Déjà adoubé par les grands noms de l’horreur
Si vous avez consulté YouTube ou Twitch ces derniers jours, vous avez forcément aperçu des visages décomposés et des pupilles dilatées en miniature. La démo de Shutter Story provoque déjà des ondes de choc massives et des « Let’s Play » viraux à travers toute la sphère du jeu d’horreur indépendant. Les créateurs les plus exigeants, habitués à voir passer des dizaines de titres chaque mois, ont été cueillis à froid par cette proposition radicale.
Des icônes mondiales comme Markiplier et Gab Smolders ont été captivées par la tension sourde qui se dégage de chaque clic sur l’interface de SpectralAware. Les fins limiers du genre, tels que Kubz Scouts, 8-BitRyan et ManlyBadassHero, ont tous été piégés par l’ambiance oppressante et les jump-scares d’une intelligence rare, qui ne misent pas sur le bruit soudain mais sur la réalisation terrifiante d’une anomalie dans le cadre. Voir ces experts de l’horreur perdre leur calme alors qu’ils analysent un simple clip vidéo de famille est la meilleure preuve de l’efficacité du jeu.
Le consensus au sein de la communauté est unanime : le jeu possède une véritable « âme » (sans mauvais jeu de mots) grâce à son identité visuelle singulière et un design sonore qui mélange grésillements technologiques, parasites numériques et silences pesants. Les streamers soulignent particulièrement la manière dont le jeu utilise la nostalgie comme un piège, transformant un souvenir chaleureux en un cauchemar pixélisé. C’est une œuvre qui a parfaitement compris que l’horreur la plus efficace n’est pas celle qui vient d’une autre dimension, mais celle qui s’immisce dans notre quotidien le plus banal, cachée derrière un fichier .jpg apparemment inoffensif.

💰 Soutenez le projet (et sauvez ce qu’il reste de la santé mentale d’Eli)
La démo actuellement disponible sur Steam dans le cadre du Next Fest offre une expérience généreuse d’environ 30 à 40 minutes de gameplay pur. C’est le format parfait pour se laisser happer par l’écriture incisive de Frostwood Interactive, dont la capacité à mêler horreur pure et émotion humaine a déjà été prouvée. On y découvre un aperçu d’une intrigue multigénérationnelle complexe qui promet de poser des questions dérangeantes sur la mémoire et le deuil.
Note importante : En tant que studio indépendant, Frostwood Interactive fait appel à la communauté pour financer les derniers mois de production via une campagne Kickstarter. Vous avez jusqu’au 21 mars pour apporter votre contribution et permettre à ce projet ambitieux d’atteindre son plein potentiel. Soutenir le jeu, c’est aussi garantir que nous aurons enfin une réponse à cette question : qu’est-ce qui se cache réellement derrière ce reflet bizarre sur la photo du 5ème anniversaire d’Eli ?
Alors, prêt à lancer SpectralAware et à regarder l’invisible en face ? Allez télécharger la démo sur Steam dès maintenant.
Mais un conseil d’ami : gardez une lumière allumée et évitez de regarder vos propres photos de famille pendant au moins 48 heures après la fin du jeu.
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