Imaginez : vous vous levez le matin, le café est désespérément froid, votre chat vous dévisage avec un mépris qui suggère que vous avez raté votre vie, et vous réalisez, la sueur froide, que c’était le jour de sortir les poubelles. C’est une routine banale, agaçante, mais somme toute très gérable. Maintenant, troquez ce quotidien monotone pour un événement légèrement plus stressant : la Lune, en proie à une crise de colère orbitale sans précédent, a décidé que la Terre ferait une excellente cible pour un crash définitif. Vous avez exactement 21 nanosecondes avant l’impact final. C’est court, n’est-ce pas ? C’est pourtant dans ce laps de temps techniquement ridicule, mais temporellement extensible, que se déroule Schrödinger’s Call.
Développé par le studio Acrobatic Chirimenjako et édité par Shueisha Games, ce titre n’est pas un énième jeu de survie où l’on craft des épées avec des bâtons et des cailloux pour espérer survivre à une horde de zombies. C’est une œuvre qui oscille entre le livre d’images interactif et la séance de thérapie existentielle. Désormais disponible sur PC (via Steam) et Nintendo Switch, le jeu nous rappelle avec une poésie certaine que si la fin est inévitable, la manière dont on la termine compte tout autant. C’est une invitation à ralentir, à réfléchir et à redécouvrir la valeur des petites choses alors que le compte à rebours s’égraine inexorablement vers le néant.


21 nanosecondes pour sauver (ou écouter) l’humanité ⏳
Le point de départ de Schrödinger’s Call est un délicieux paradoxe. Imaginez : vous vous réveillez dans une pièce à l’esthétique onirique, sans aucun souvenir de votre passé, alors que dans 21 nanosecondes, la Lune décidera que la Terre ferait un parfait tapis de sol pour sa propre chute. Vous incarnez Mary, une jeune femme qui, loin de posséder des super-pouvoirs pour dévier les astres, se retrouve seule, sans plan d’évasion, face à un vieux téléphone filaire qui semble être le dernier lien avec la réalité. C’est là que le jeu brille par son absurdité géniale : au lieu de céder à la panique ou de chercher un bunker inexistant, vous décrochez. Pourquoi ? Parce que ce téléphone n’est pas un simple appareil de télécommunication ; c’est le standard ultime de l’âme humaine. Vous devenez, bien malgré vous, la « dernière auditrice ». Le jeu transforme alors une catastrophe cosmique en une série de rendez-vous intimes et bouleversants.
Plutôt que de chercher à empêcher l’inéluctable — après tout, la gravité a ses raisons que la raison ignore — Schrödinger’s Call délaisse la science-fiction pure pour une exploration profondément humaine. Chaque coup de fil est un pont jeté entre des vies en sursis. Vous écoutez les derniers mots de personnes coincées, elles aussi, dans cet entre-deux suspendu. C’est une réflexion poignante sur nos regrets, nos espoirs, et tout ce que nous n’avons jamais osé dire aux gens qui comptent. Chaque appel devient une lettre d’adieu, un aveu tardif ou une confession libératrice que vous êtes la seule à pouvoir recevoir. C’est une œuvre qui explore la solitude dans un monde qui s’éteint, où le silence est rompu par la confession, prouvant que même au bord du gouffre, nous avons besoin de nous sentir écoutés.

🐈⬛ Hamlet, le chat qui philosophait mieux que nous
Dans cette aventure, vous n’êtes pas seule. Vous êtes guidée par un chat nommé Hamlet. Si William Shakespeare avait su que son œuvre la plus célèbre finirait par être incarnée par un félin dans un jeu vidéo, il aurait sans doute troqué sa plume pour un pointeur laser et une litière haute gamme.
Hamlet n’est pas là pour vous aider à sauter sur des plateformes de manière acrobatique ou pour récolter des bonus inutiles. Il est votre boussole morale, votre ancre philosophique dans un océan de chaos. Entre deux miaulements sarcastiques et des interventions qui feraient pâlir d’envie un professeur de lettres à la Sorbonne, il vous aide à naviguer dans les conversations que Mary reçoit. Il n’est pas qu’un simple guide : il est le catalyseur de vos émotions, celui qui souligne l’ironie tragique de la situation avec un flegme tout félin. L’écriture est fine, touchante, et réussit ce tour de force d’être drôle sans jamais trahir la mélancolie profonde de la situation. On se prend vite à lui faire confiance ; après tout, si un chat ne sait pas gérer la fin du monde avec une élégance parfaite, qui le peut ?


🎵 Une immersion sonore à vous fendre le cœur
Shueisha Games ne fait pas les choses à moitié. Pour accompagner ce récit, ils ont mis le paquet : une bande originale monumentale de 76 pistes. C’est colossal. C’est probablement plus de musique que ce que certains artistes pop produisent en une carrière entière en recyclant le même accord. Chaque composition a été minutieusement ciselée pour approfondir la résonance émotionnelle de vos conversations. La musique ici ne se contente pas d’être un fond sonore ; elle devient un personnage, une voix qui murmure les secrets que les mots n’osent pas prononcer. Que vous soyez face à un aveu déchirant d’un inconnu, à un souvenir doux-amer ou à la contemplation silencieuse de la fin proche, la partition vient souligner la fragilité de ces instants suspendus avec une justesse troublante.
Pour les curieux qui veulent déjà tester leur taux de mélancolie, une vidéo de présentation de cette bande-son est d’ailleurs disponible. Mention très spéciale à la version japonaise, qui bénéficie d’une performance vocale magistrale de la légendaire Rei Sakuma. Connue pour ses rôles iconiques dans Dragon Ball Z et Sailor Moon, elle prête ici sa voix à Hamlet avec une telle profondeur, une telle gravité et une telle malice, qu’on en oublierait presque qu’il s’agit d’un félin — elle transforme chaque interaction avec lui en un moment de pure grâce narrative qui restera gravé dans votre mémoire bien après que le générique de fin aura défilé.



🧘♂️ Pourquoi vous devriez y jeter un œil (avant que la Lune ne tombe)
Si votre idée de détente après une longue journée consiste à pulvériser des flottes ennemies dans un déluge d’explosions pyrotechniques et de combos frénétiques, alors Schrödinger’s Call risque de vous laisser un peu perplexe. Ici, pas de boss final à vaincre avec une épée légendaire, pas de score à maximiser pour briller dans un classement mondial. Non, nous sommes dans une œuvre profondément introspective, une bulle de réflexion sur la condition humaine, le deuil, et cette capacité absurde, mais merveilleuse, que nous avons à nous connecter les uns aux autres, même quand tout s’effondre autour de nous.
C’est un jeu qui demande de baisser les armes — littéralement, puisque vous n’en avez pas — et d’ouvrir ses chakras, ou au moins ses écoutilles. Préparez-vous à une expérience que l’on savoure avec une tasse de thé encore fumante, une couverture dans laquelle on s’enroule comme un burrito, et — on préfère vous prévenir — peut-être quelques mouchoirs à portée de main, au cas où la mélancolie du monde vous frappe en plein cœur plus fort que prévu. C’est un voyage unique, une parenthèse nécessaire qui nous rappelle que, même au bord du précipice, chaque voix, chaque regret et chaque souvenir a son poids.
Les infos à retenir pour ne pas finir écrasé par le néant sans rien avoir à faire :
- Plateformes : Disponible dès maintenant sur PC (Steam) et Nintendo Switch.
- Offre de lancement : Pour fêter la sortie, bénéficiez de 10% de réduction (soit environ 15,79 €) jusqu’au 11 juin 2026. Une affaire, surtout quand on considère qu’éviter la fin du monde n’a pas de prix.
- Bonus : La bande originale complète de 76 pistes est également disponible sur Steam.
En résumé, Schrödinger’s Call est une proposition singulière. C’est une invitation à écouter, à ressentir, et à accepter que parfois, même au bord du précipice, la plus belle chose que l’on puisse faire, c’est répondre au téléphone.
Alors, vous répondrez à l’appel ?
🔮 FAQ : (très existentielles) avant le grand boum 🔮
Est-ce un jeu d’action intense ? Absolument pas. Si vous cherchez de l’adrénaline, tournez-vous vers un Call of Duty. Ici, l’arme fatale est votre capacité d’écoute. C’est une aventure narrative pure, centrée sur les émotions.
Vais-je pleurer devant mon écran ? Nous ne voudrions pas vous garantir des larmes, mais disons qu’avoir une boîte de mouchoirs à portée de main n’est pas une option, c’est une mesure de sécurité recommandée.
Hamlet le chat est-il vraiment en danger ? Hamlet est un chat littéraire et philosophique. Il est bien trop occupé à vous juger silencieusement pour être en danger. Il est, en quelques sortes, aussi immortel que les questions qu’il vous pose.
Peut-on vraiment sauver le monde ? Le monde est peut-être condamné, mais votre capacité à offrir du réconfort aux autres ne l’est pas. C’est là que réside la vraie victoire.
Pourquoi 21 nanosecondes ? Parce que la science a ses limites, mais la poésie de la narration, elle, a tout le temps nécessaire pour nous raconter une histoire inoubliable.
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