GRAFT est le tout nouveau projet ambitieux développé par les équipes de chez Harebrained Schemes, et autant dire d’emblée qu’ils ne sont clairement pas venus pour enfiler des perles. Principalement connus et adulés par les amateurs de tactique pour leur travail d’orfèvre sur la trilogie Shadowrun et l’excellent BATTLETECH, les développeurs américains délaissent cette fois-ci l’ambiance cyberpunk colorée et le tour par tour pour nous propulser la tête la première dans un cauchemar spatial en temps réel. Un univers poisseux où l’on passe la moitié de son temps à fouiller anxieusement des poubelles industrielles à la recherche d’une pauvre cartouche de 9mm, et l’autre moitié à pratiquer de la chirurgie lourde sur sa propre chair, à sec et sans anesthésie.
Si votre conception idéale d’un week-end réussi implique de vous réveiller hagard dans la carcasserie métallique d’une station spatiale à l’agonie, d’arracher le bras mécanique encore étincelant d’un monstre pour le visser au marteau sur votre propre épaule, tout en négociant votre santé mentale avec une intelligence artificielle complètement siphonné, réjouissez-vous : GRAFT vient d’envoyer sa toute première bande-annonce narrative lors du Convergence Games Showcase 2026. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le tableau dépeint donne froid dans le dos, parvenant à mêler l’horreur organique la plus crasse à une réflexion fascinante sur la perte d’humanité.
L’intrigue nous parachute sans ménagement ni préavis dans les tréfonds de l’Arc, une mégastructure spatiale continentale au bord de l’effondrement total. L’endroit, autrefois fleuron d’une technologie aujourd’hui oubliée, ressemble désormais à un tombeau géant où la rouille dispute le terrain aux moisissures bio-synthétiques. Imaginez un paquebot spatial gigantesque dérivant dans le vide, sauf qu’au lieu d’y croiser des croisiéristes en chemise à fleurs au buffet à volonté, vous y traquez — et vous vous faites traquer par — des abominations génétiques, des mutants difformes et des agents robotiques dont l’unique directive semble être de vérifier la résistance de votre cage thoracique avec une pince hydraulique.



🛠️ Quand votre anatomie devient une simple boîte à outils biologique
Le cœur battant du gameplay de GRAFT, c’est de vous faire comprendre dès les premières minutes de jeu que votre petit corps humain de base, fragile et composé à 70% d’eau, ne tiendra pas dix minutes face à la faune locale. Pour espérer voir la lumière du jour — ou du moins dégoter une porte de sortie qui ne soit pas verrouillée par un protocole de quarantaine —, il va falloir passer par la case modification corporelle extrême. Dans GRAFT, votre enveloppe charnelle n’est plus un sanctuaire inviolable : c’est un châssis mécanique d’occasion qu’on bricole le dimanche après-midi au fond d’un garage douteux, en utilisant les pièces détachées trouvées sur le carreau.
Ce qui vous attend dans les entrailles sanglantes de l’Arc :
- 🏛️ Un monde organique, vivant et deeply claustrophobique : L’Arc n’est pas un simple décor passif composé de couloirs sombres et de tuyaux qui fuient. C’est un monstre de métal névrotique et instable, capable de se modifier, de se répliquer et de se métamorphoser tout seul. Au fil de votre progression, vous traverserez des labyrinthes auto-réplicatifs au design absurde, des catacombes techno-gothiques où le câblage remplace les lierres, et des gouffres vertigineux surplombant le vide spatial. L’environnement regorge de secrets, de technologies anciennes oubliées et d’artefacts surpuissants à récupérer… à condition d’accepter le risque de se faire dissoudre par une flaque d’acide ou couper en deux par une grille de sécurité détraquée à chaque fois que vous touchez à un interrupteur.
- 🦾 La brocante de l’implant d’occasion (Le système de « Grafts ») : C’est la mécanique star qui donne son nom au jeu. Une créature particulièrement hargneuse vous bloque le passage et vous colle la raclée de votre vie ? Trouvez son point faible, réglez-lui son compte dans un bain de sang, découpez l’implant cybernétique ou le membre renforcé qui vous intéresse sur son cadavre encore chaud, et greffez-vous le morceau directement sur le corps. Vous avez besoin de plus de force brute pour enfoncer une cloison blindée, d’un scanner rétinien improvisé ou d’une agilité surhumaine pour esquiver les tirs ? Il y a forcément un monstre dans le couloir d’à côté qui possède l’organe qu’il vous faut. C’est le sommet absolu du recyclage écologique, même si les conditions d’hygiène et la prise en charge post-opératoire laissent franchement à désirer.
- 🧠 La crise d’identité ultime et la métamorphose psychologique : C’est là que toute la profondeur du RPG narratif d’Harebrained Schemes prend son sens le plus troublant. Dans GRAFT, chaque implant ou morceau de chair synthétique que vous arrachez à vos ennemis conserve des parcelles de la conscience, des souvenirs et de la personnalité de son ancien propriétaire. En vous greffant ces éléments, vous injectez leurs fantômes dans votre propre système nerveux. Vous pourriez ainsi vous réveiller un matin submergé par le souvenir brûlant et sensoriel d’un baiser partagé avec un inconnu que vous n’avez jamais croisé de votre vie, ou être soudainement pris d’une obsession sadique, cruelle et incontrôlable envers les rares objets ou personnes qui vous entourent. Vous devrez négocier au quotidien avec ces bouts d’âmes étrangères qui squattent votre cerveau, interpréter ce que ces fragments signifient pour vous, et assumer les conséquences morales terrifiantes de vos choix d’hybridation.
- 💀 Un Survival Horror exigeant où chaque balle est un drame : N’espérez pas traverser l’Arc en arrosant les murs comme dans un jeu de tir sans cervelle. GRAFT puise ses racines dans le survival horror à l’ancienne le plus strict : les munitions se comptent sur les doigts d’une main, les armes de fortune s’enrayent au pire moment, et les ennemis ne pardonnent aucune erreur d’appréciation. Entre les expériences férales devenues complètement folles avec le temps, les mutants difformes et les unités de sécurité envoyées par l’IA centrale détraquée de la station, chaque affrontement est une épreuve nerveuse. Il faudra jauger minutieusement vos ressources, fabriquer vos soins avec trois fois rien, et savoir mettre votre fierté de côté pour fuir à toutes jambes quand la situation dégénère.
- 🤝 Des alliances humaines au bord du gouffre : Malgré la désolation ambiante, vous n’êtes pas le seul être encore doté d’un pouls à errer dans les décombres de l’Arc. Vous croiserez d’autres survivants, traumatisés, affamés et paranoïaques. Libre à vous de nouer des alliances précaires avec eux, de leur rendre service ou de construire des relations plus personnelles au fil de votre périple. Mais n’oubliez jamais la règle d’or des stations spatiales en perdition : toute personne encore en vie est potentiellement instable, armée et prête à vous vendre pour une boîte de conserve ou une batterie chargée. Et le pire dans cette équation, c’est que votre propre instabilité mentale fait de vous un voisin tout aussi dangereux pour eux.

👁️ Visions lancinantes, voix doucereuses et paranoïa clinique
Le trailer d’histoire diffusé lors de la présentation pose les bases d’une direction artistique d’une lourdeur psychologique rare. Le jeu joue en permanence sur le trouble de la perception : des visions cauchemardesques viennent altérer votre champ de vision, une voix mystérieuse mais étrangement douce et maternelle vous chuchote des conseils douteux au creux de l’oreille, et une question lancinante vous hante au fil des modifications : à quel moment cesse-t-on d’être soi-même quand plus de la moitié de son corps et de ses pensées appartiennent à des cadavres ?
En réussissant à marier l’atmosphère claustrophobique et la tension viscérale d’un Dead Space avec l’écriture ciselée, l’impact des choix et la liberté d’approche d’un vrai RPG, GRAFT s’annonce déjà comme l’une des propositions les plus rafraîchissantes et dérangeantes du genre.
Le pitch résumé de la rédaction : Si vous avez toujours rêvé de jouer à Frankenstein dans une station spatiale rouillée tout en gérant les traumatismes complexes, les pulsions meurtrières et les souvenirs érotiques de huit monstres différents cohabitant dans votre boîte crânienne, GRAFT est très exactement le jeu que vous attendiez.



🛒 Ça sort quand et sur quelles plateformes ?
Si vos doigts démangent déjà à l’idée d’aller découper des implants sur le premier mutant venu, il va falloir armer un tout petit peu votre patience. GRAFT est actuellement développé de manière indépendante par les équipes de Harebrained Schemes pour une sortie prévue sur PC. Côté fenêtres de tir, le studio n’a pas encore gravé de date exacte dans le marbre — préférant peaufiner leurs monstres plutôt que de sortir un jeu bancal —, mais les vitrines officielles sont bel et bien ouvertes. Vous pouvez dès aujourd’hui aller ajouter le titre à votre liste de souhaits (Wishlist) sur vos plateformes de prédilection, à savoir Steam et l’Epic Games Store.
Pourquoi la Wishlist est capitale ? Au-delà de vous éviter d’oublier le jeu le jour de son lancement (ce qui serait dommage vu le potentiel du traumatisme), ajouter GRAFT à votre liste d’envies permet de soutenir directement Harebrained Schemes. Pour un studio redevenu indépendant après sa séparation avec l’éditeur Paradox Interactive, chaque wishlist compte double dans les algorithmes et permet de pousser le titre sous le nez des joueurs du monde entier.
Concernant une éventuelle arrivée sur consoles (PlayStation 5, Xbox Series X|S ou même sur Nintendo Switch 2, bien installée dans nos salons depuis un an déjà), l’équipe reste pour l’instant concentrée à 100 % sur la mouture PC pour garantir une expérience de survival horror irréprochable. Toutefois, connaissant l’historique du studio avec la Shadowrun Trilogy, un portage sur nos machines de salon dans un second temps reste totalement envisageable si le succès est au rendez-vous sur PC.
Un dernier conseil d’ami en attendant la date définitive : allez suivre la page du jeu, rejoignez leur serveur Discord officiel ou inscrivez-vous à la newsletter du studio. Et en attendant le jour J, commencez dès aujourd’hui à réviser vos cours d’anatomie de première année, faites le plein de bandes de gaze, investissez dans un bon rouleau de ruban adhésif renforcé pour vos futures opérations chirurgicales improvisées, et vérifiez scrupuleusement que votre mutuelle couvre les greffes sauvages d’organes aliens.
On ne sait jamais sur quoi on peut tomber au détour d’un couloir sombre.
❓ FAQ : Tout ce que vous n’osiez pas demander sur GRAFT (de peur qu’une IA ne l’entende)
GRAFT sera-t-il jouable en coopération ou en multijoueur ?
Non, GRAFT est une expérience exclusivement solo. Et c’est très bien ainsi : vous aurez déjà suffisamment à faire pour gérer les différentes personnalités squattant vos propres implants mécaniques sans avoir, en plus, à vous disputer les munitions de 9mm avec un pote sur Discord.
Est-ce qu’il faut avoir joué à Shadowrun pour comprendre l’histoire de GRAFT ?
Absolument pas ! Bien que GRAFT soit développé par Harebrained Schemes (les papas de l’excellente Shadowrun Trilogy), il s’agit d’un tout nouvel univers 100 % original. Pas d’orques ni d’elfes hackers ici : juste vous, de la rouille, des abominations bio-mécaniques et une station spatiale qui veut votre peau.
Quelle est la différence entre GRAFT et un survival horror classique à la Dead Space ?
Là où un jeu comme Dead Space est un jeu d’action-horreur relativement linéaire, GRAFT est un véritable RPG de survival horror. En plus de la gestion d’inventaire et des combats tendus, vos choix narratifs, vos alliances avec les autres survivants et surtout les implants (« Grafts ») que vous décidez de vous greffer modifient la personnalité de votre personnage et le déroulement de l’histoire.
Est-ce que le jeu sera traduit en français ?
Pour l’instant, les détails précis sur la localisation complète (doublages et sous-titres) n’ont pas encore été tous confirmés par le studio. Cependant, au vu des précédentes productions de Harebrained Schemes, on peut raisonnablement s’attendre à des sous-titres en français au lancement ou très peu de temps après.
Faut-il une machine de guerre pour faire tourner le jeu sur PC ?
Le jeu étant développé sous un moteur moderne mettant l’accent sur les jeux d’ombres et l’ambiance poisseuse de l’Arc, une configuration correcte sera recommandée. Les configurations minimale et recommandée officielles seront dévoilées sur la page Steam du jeu à l’approche de la sortie.
Est-ce que je risque de vrais traumatismes psychologiques en jouant au jeu ?
Légalement, la rédaction décline toute responsabilité. Mais si vous commencez à regarder votre grille-pain avec méfiance ou à vouloir visser une clé à molette sur votre avant-bras après une session de jeu, nous vous conseillons vivement d’éteindre votre écran et de consulter un spécialiste !
Share this content:
About The Author
En savoir plus sur La Pause Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
