Le soliste suédois Niklas Hallin nous livre une nouvelle itération de son univers nihiliste et poétique : Alruna: End of History. Annoncé comme un puzzle-platformer en pixel-art avec des aspirations Metroidvania, ce jeu promet d’être la suite spirituelle d’Alruna and the Necro-Industrialists, une évolution du gameplay, sans pour autant être une suite narrative directe. En d’autres termes, les choses sérieuses continuent, mais avec des graphismes probablement plus jolis.
L’annonce arrive avec une démo disponible sur Steam, permettant aux joueurs de goûter à cette souffrance pixelisée. Le jeu nous replonge dans un monde où « ce qu’il reste du monde matériel a été évidé depuis longtemps par les Nécro-Industrialistes », ce qui est une façon très dramatique de dire que le décor est en ruine. Mais que les puristes se rassurent : si l’ambiance reste désespérée, l’expérience, elle, est désormais « en écran large maintenant ! ». Le salut, c’est bien, le format 16:9, c’est mieux.

Le Monde et le Destin Tragique d’Alruna : La Vie Est Souffrance (et les Dryades n’ont pas de chance)
L’atmosphère d’Alruna: End of History est imbibée d’une mélancolie grandiose qui ferait rougir un poète romantique du XIXe siècle. Notre héroïne, la dryade florale Alruna, doit naviguer à travers un monde sous l’emprise des fameux Nécro-Industrialistes. Ces antagonistes, dont le nom évoque un syndicat du mal spécialisé dans la production d’objets funèbres, ont transformé les paysages en « cathédrales en décomposition ». C’est chic, mais peu accueillant.
Le sort d’Alruna est lié à une autre dryade, une entité encore plus chargée de symbolisme, décrite avec une emphase quasi religieuse :
« Mais écoute, Alruna, il y a une autre dryade, si semblable à toi. Elle est la Créature de la Divinité, elle est la Porte du Paradis. Le tourment est son lot, Alruna. Seras-tu sa sauveuse ? Ou la laisseras-tu partir ? »
Voilà qui pose la question essentielle du jeu : sauver ou laisser aller une créature divine ? Une décision qui, selon la tradition du développeur, pourrait bien être liée à la résolution d’une énigme impliquant une caisse et un interrupteur. En effet, tout ce drame cosmique est résumé par la sentence : « La vie est souffrance, mais la souffrance apporte le salut. Au-delà de la Fin de l’Histoire se trouve la promesse de l’Élysée. ». Une lourde responsabilité pour une dryade qui doit juste éviter des pointes.


Gameplay et Vision du Développeur
C’est sur le terrain du gameplay que Niklas Hallin abandonne momentanément sa casquette de prêtre du nihilisme pour enfiler celle de l’enthousiaste décomplexé. Le jeu est décrit comme une évolution, et pour cause : les mouvements de base d’Alruna, soit sauter, glisser et dasher, sont désormais complétés par une fonction tant attendue dans un monde de désespoir : « Et on peut tirer ! ».
Cette petite phrase, lancée sans aucune fioriture, est peut-être le plus grand bouleversement de l’univers Alruna. Face à l’annihilation existentielle, il y a maintenant une option simple : leur tirer dessus.
Le développeur, qui admet avoir « des centaines de nouvelles idées » qu’il doit caser dans le jeu, avoue avoir trouvé son inspiration dans un classique de l’absurdité charmante :
« Je suppose que c’est le genre de jeu qu’on fait si on joue beaucoup à Link’s Awakening ! »
L’aveu est limpide : attendez-vous à un Metroidvania qui ne se prend pas trop au sérieux dans sa structure, mélangeant les puzzles déroutants et l’exploration labyrinthique, le tout en haute (ou du moins, plus large) définition.


Appel au Destin (via Steam)
Heureusement, vous n’avez pas à attendre la Fin de l’Histoire pour commencer l’aventure. Une démo d’Alruna: End of History est d’ores et déjà disponible sur Steam. Elle est généreuse, offrant aux curieux et aux masochistes :
- Une zone de départ complète.
- L’intégralité du premier temple.
- Un boss à défier.
C’est l’occasion rêvée de vérifier par vous-même si la perspective widescreen améliore réellement la qualité de la souffrance. Si vous voulez explorer des idées divergentes et faire face à de grands choix que le développeur a soigneusement gardés pour une suite, rendez-vous sur Steam pour commencer votre propre quête de l’Élysée.
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