Avis à tous ceux qui aiment collectionner du loot épique pour le perdre lamentablement 5 minutes plus tard : Eldegarde, le premier bébé de Notorious Studios, vient de sortir de son accès précoce sur PC. Fondé par une équipe de vétérans ayant fait leurs armes chez Blizzard, le studio nous propose une immersion brutale dans un monde de haute fantasy où le danger n’est pas seulement le dragon millénaire tapi dans le donjon, mais aussi le mage opportuniste qui vous suit en douce pour vous faire les poches au moment de l’extraction.
Si vous aviez prévu d’être productif cette semaine, il est temps de revoir vos priorités. Eldegarde est officiellement disponible sur Steam. Après une phase d’Early Access intense qui a vu plus de 3 000 joueurs valider le concept (et probablement briser quelques claviers de frustration pure), le jeu passe en version 1.0. La promesse est simple mais redoutable : réinventer le genre de l’extraction-RPG à la sauce médiévale-fantastique, avec une direction artistique sublime qui rappelle les grandes heures des MMO classiques, mais avec une tension permanente que seul le « Full Loot » peut offrir.

🏰 L’héritage Blizzard : Des vétérans aux commandes
On ne va pas se mentir, quand on voit « Anciens de Blizzard » sur une fiche de jeu, on tend l’oreille. Mené par Chris Kaleiki, dont le nom est gravé dans l’histoire de World of Warcraft en tant que Game Designer, l’équipe de Notorious Studios insuffle à Eldegarde une expertise rare, presque chirurgicale, en matière de classes et de sensations de combat. On ne parle pas ici d’une simple inspiration esthétique, mais d’un transfert de savoir-faire technique : l’influence des raids de haut niveau se ressent dans chaque animation. La précision des collisions et la gestion des « hitbox » sont si millimétrées qu’un pas de côté au bon moment peut faire la différence entre un blocage réussi et une décapitation nette. La synergie complexe des sorts rappelle les meilleures heures d’Azeroth — cette époque où chaque compétence avait un poids et une utilité précise — mais avec un twist cruel : ici, le confort de la zone sécurisée n’existe pas.
L’idée fondamentale portée par Kaleiki n’est pas de nous infliger un énième MMO « parc d’attractions » au rythme léthargique, où l’on est condamné à génocider des sangliers pendant 40 heures pour espérer voir le bout d’une barre d’expérience. Eldegarde fait le choix radical de condenser l’essence pure du combat tactique dans des sessions d’extraction fulgurantes de 20 à 30 minutes, où chaque seconde est une menace potentielle.
C’est là que le génie du studio opère : ils ont réussi à transposer le stress oppressant d’un Arc Raiders ou d’un Escape from Tarkov dans un univers où le métal et la magie règnent. Mais au lieu de la distance froide d’une kalachnikov, le danger est ici viscéral, presque intime. Imaginez tenir un bâton de feu instable qui peut vous exploser entre les mains si vous gérez mal votre mana, tout en portant une armure de plaques de 30 kilos qui entrave vos mouvements et résonne à chaque pas, alertant les prédateurs alentours. C’est une expérience plus noble, plus épique, et surtout beaucoup plus personnelle. La tension atteint son paroxysme lorsque vous voyez l’acier d’une lame adverse briller sous la lune froide de Steam, alors que vos ressources sont épuisées et que vous tentez désespérément d’atteindre votre portail de sortie avec un sac à dos qui pèse une fortune en artefacts anciens.



⚔️ Classes iconiques et petit nouveau : Le Paladin débarque
Côté gameplay, on reste sur des archétypes que tout amateur de fantasy connaît par cœur, mais ils ont été totalement déconstruits pour s’adapter à un environnement impitoyable où la moindre erreur de placement est fatale. Ici, le système de combat repose sur une physique réelle et exigeante : bloquer un coup ne consiste pas à presser une touche, mais à orienter physiquement votre bouclier vers la pointe de l’épée adverse. Viser un sort n’est pas une question de « clic », mais d’anticipation de la trajectoire d’une cible qui ne veut pas mourir. Vous pouvez incarner les classes suivantes :
- Le Guerrier : Un véritable colosse de métal et de muscles. Ce n’est pas juste un « sac à PV » passif ; c’est un expert du contrôle de zone dont le poids de l’armure dicte le rythme du combat. Chaque coup de hache consomme une endurance précieuse, obligeant à une gestion tactique du souffle. Idéal pour ceux qui aiment que les problèmes diplomatiques se règlent à grands coups de tranchant dans les gencives, il est le seul capable d’encaisser une charge de troll tout en restant debout.
- Le Voleur : Le cauchemar absolu des mages et des archers. Capable de se fondre dans les ombres grâce à un système de camouflage basé sur l’éclairage réel des cartes, il excelle dans l’art de l’embuscade et du poison. C’est la classe de prédilection pour les spécialistes de l’infiltration et les joueurs qui n’ont pas l’intention de se faire des amis — ou qui prévoient de trahir leur groupe au moment crucial où le portail d’extraction s’ouvre, pour repartir avec 100% du butin.
- Le Magicien : Une véritable « Glass Cannon » (canon de verre) dont la puissance de feu est inversement proportionnelle à sa résistance. Capable de raser une pièce entière avec une tempête arcanique spectaculaire, il doit cependant composer avec des temps d’incantation longs qui le laissent vulnérable. Un gobelin un peu trop enthousiaste ou une flèche perdue peut l’envoyer au tapis en un clin d’œil, transformant ses précieux parchemins en simples trophées pour ses assassins.
- Le Prêtre : Souvent sous-estimé, il est pourtant le pivot central de toute escouade qui espère survivre plus de dix minutes. Mais attention : dans Eldegarde, la magie sacrée est bruyante et lumineuse. Chaque soin génère une « menace » visuelle et sonore qui révèle votre position à tous les joueurs aux alentours. Vous réaliserez souvent trop tard que vos alliés vous abandonneront lâchement à la première alerte pour sauver leur propre cuir chargé de gemmes précieuses, vous laissant seul face aux ténèbres.
La grande nouveauté de cette version 1.0 sur Steam, c’est l’arrivée fracassante du Paladin. Plus résistant qu’un Magicien et plus lumineux qu’un Guerrier après une visite prolongée à la taverne, il combine une défense de fer et des capacités de soutien « tanky ». Capable de créer des zones de protection divine pour sécuriser un point d’extraction, il est le pilier idéal pour ceux qui veulent apporter la lumière (et des gros coups de marteau de guerre béni) dans les cryptes les plus sombres de Eldegarde.


🛡️ Le mode PvE : Enfin une zone de confort (relative)
La grande annonce qui va rassurer les joueurs qui ont peur de leur ombre (ou des autres humains assoiffés de sang) : l’ajout d’un mode PvE dédié. Jusqu’ici, Eldegarde était surtout redouté pour son expérience « full loot PvP » — ce moment charmant où, après avoir trouvé l’épée légendaire dont vous rêviez depuis 10 heures, un autre joueur vous l’emprunte définitivement en vous transperçant le thorax à deux mètres de la sortie.
Le mode PvE permet désormais une approche plus stratégique, didactique et beaucoup moins cardiaque du jeu :
- Apprendre la verticalité et les secrets des cartes : Le monde de Eldegarde n’est pas plat. Il regorge de passages secrets activables par des leviers cachés, de raccourcis verticaux accessibles uniquement par des sauts millimétrés et de pièges environnementaux (pics, gaz toxiques, dalles mouvantes). Le mode PvE est le laboratoire parfait pour cartographier ces zones complexes sans la pression constante d’un archer humain embusqué dans un buisson, prêt à vous cueillir au moment où vous lisez une inscription murale.
- Maîtriser les « Patterns » des Boss et des Monstres : Les ennemis contrôlés par l’IA dans Eldegarde ne sont pas de simples sacs de butin. Ils possèdent des cycles d’attaque complexes, des phases de rage et des capacités d’étourdissement qui demandent une vraie pratique. Ici, vous pouvez mourir en boucle contre un Chevalier Squelette ou une Hydre des marais jusqu’à comprendre le « timing » exact de chaque parade, sans risquer de voir votre set d’armure épique s’évaporer dans l’inventaire d’un pilleur de cadavres.
- Bâtir son économie de guerre : C’est le point crucial. Le mode PvE permet de « farmer » de manière sécurisée. Accumulez un stock substantiel d’équipement de base, de composants d’artisanat et surtout de consommables vitaux (potions de soin, parchemins de portail, pierres à aiguiser) dans votre coffre personnel. Une fois que votre trésorerie est solide, vous pourrez affronter le chaos du mode PvP avec l’esprit serein, sachant que vous avez de quoi vous rééquiper en cas de défaite cuisante.
C’est un peu comme mettre des petites roues sur votre vélo avant d’essayer de descendre une piste noire de haute montagne. C’est peut-être moins « glorieux » aux yeux des puristes assoiffés de sang, mais on finit la session avec beaucoup moins de dents cassées, une meilleure connaissance du terrain et surtout beaucoup plus d’or dans les coffres de Steam. C’est le tremplin idéal pour transformer un débutant terrifié en un explorateur aguerri de Eldegarde.

📈 « Le genre n’en est qu’à ses débuts »
Selon Chris Kaleiki, le fondateur du studio, le RPG d’extraction est encore un terrain en friche, un diamant brut qui ne demande qu’à être taillé. Eldegarde se veut être le pionnier audacieux qui dépoussière les systèmes de progression souvent stagnants et prévisibles des RPG traditionnels. Ici, oubliez les quêtes de livraison de courrier soporifiques ou le « grind » linéaire sans enjeux. Chaque expédition est conçue comme une mission d’infiltration à haut risque, où la tension monte de manière exponentielle à mesure que votre sac à dos se remplit d’objets précieux. Plus vous restez longtemps, plus vous devenez une cible lucrative.
L’économie du jeu est le cœur battant de l’expérience : tout ce que vous parvenez à extraire possède une valeur réelle sur le marché. Le butin peut être vendu pour de l’or sonnant et trébuchant, échangé avec d’autres survivants, ou utilisé comme composant rare pour forger un équipement artisanal dépassant en puissance les objets trouvés au sol. Mais la règle d’or est gravée dans le marbre : tant que vous n’avez pas franchi le portail d’extraction, absolument rien n’est à vous. Cette incertitude permanente, ce sentiment que tout peut basculer en une fraction de seconde, crée une boucle de gameplay viscérale et addictive que les vétérans de Steam comparent déjà aux meilleures expériences de survie comme DayZ ou Rust. C’est un jeu où la victoire est d’autant plus savoureuse qu’elle a failli vous échapper mille fois.





💰 Verdict et Disponibilité
Avec un prix de lancement fixé à 24,99 €, Eldegarde se positionne comme un investissement très rentable pour quiconque cherche une expérience de jeu profonde, nerveuse et potentiellement briseuse d’amitiés sur Steam. Les graphismes sous Unreal Engine 5 offrent des panoramas de haute fantasy à couper le souffle, des forêts brumeuses aux cités souterraines en ruines.
Le jeu est disponible dès maintenant sur PC. Alors, allez-vous devenir une légende vivante dont le nom sera murmuré avec respect dans les tavernes, ou finir comme un simple squelette anonyme de plus parmi les milliers qui jonchent les donjons ? Dans les deux cas, l’aventure en vaut la chandelle.
Note de la rédaction : Notorious Studios et l’équipe de Eldegarde déclinent toute responsabilité en cas de perte de butin mythique due à une micro-coupure internet, à une erreur tragique de calcul de mana ou à une trahison odieuse (mais tactiquement brillante) de votre meilleur ami d’enfance.
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