Si vous pensiez que le plus grand danger dans un jeu d’horreur était un monstre baveux avec trop de dents caché dans un placard, vous vous trompiez lourdement. Dans Myth of Valderit, le monstre, c’est vous. Ou du moins, ce que votre cerveau projette quand il est poussé dans ses derniers retranchements psychologiques. Ce titre n’est pas une simple succession de couloirs sombres ou de sursauts programmés ; c’est une dissection clinique où le joueur est à la fois le sujet de l’expérience et le témoin de sa propre chute.
Développé par les visionnaires barcelonais de Loom Studios, ce titre d’horreur psychologique à la première personne ne se contente pas de vous faire frissonner : il vous cartographie. Vous incarnez Nil, un protagoniste dont les traumatismes enfouis et les fêlures internes servent de carburant direct au cauchemar dès qu’il pose le pied dans ce village maudit. Bienvenue dans une expérience où la frontière entre la réalité tangible des pierres froides et la fragilité de votre santé mentale est aussi fine qu’une feuille de papier dans un cyclone. Ici, l’immersion est totale, car chaque craquement de plancher, chaque changement de lumière et chaque souffle de vent est conçu pour vous faire douter de vos propres sens, vous forçant à affronter des vérités que vous auriez préféré laisser dans l’ombre.



🏚️ Bienvenue à Valderit : Entre légende catalane et désolation cosmique
Le jeu nous place dans la peau de Nil, un homme dont l’errance mélancolique le mène aux confins de Valderit, un lieu qui semble exister en marge de notre monde. Pour forger cette atmosphère unique et poisseuse, le studio a puisé dans le folklore ibérique réel en s’inspirant de La Mussara, un village fantôme niché dans les montagnes brumeuses de Tarragone, en Catalogne. Ce lieu, abandonné depuis les années 50 à la suite d’une désolation mystérieuse, est le berceau de légendes urbaines persistantes. La plus célèbre concerne une pierre spécifique qui, si on a le malheur de la frôler, ouvrirait une porte vers la « Vila del Sis », une dimension parallèle dont on ne revient jamais. Ce choix de décor n’est pas seulement esthétique, il est viscéral : il apporte une couche de réalisme historique et de malaise géographique qui suinte à travers chaque texture de pierre calcaire et chaque souffle de brise marine détournée par les montagnes.
À Valderit, l’exploration n’est jamais une promenade de santé. Le village fonctionne comme un organisme vivant et malveillant, un labyrinthe de souvenirs fragmentés et de regrets pétrifiés où l’espace et le temps semblent avoir été distordus par un pacte ancien avec des entités lovecraftiennes. Les ruines que vous parcourez ne sont pas des décors statiques ; ce sont les témoins muets d’une tragédie que Nil semble être condamné à rejouer. Le design sonore joue un rôle crucial : le mélange entre un silence de mort, des bruits blancs dérangeants et des échos lointains vous forcera à une hyper-vigilance épuisante. Vous passerez votre temps à scruter l’horizon de cette brume éternelle, vous demandant si la silhouette que vous venez d’apercevoir est un habitant resté sur place ou une projection de votre propre culpabilité.

✍️ « The Writer » : L’architecte omniscient de vos pires angoisses
La véritable révolution technologique de Myth of Valderit réside dans son antagoniste invisible mais omniprésent : The Writer (L’Écrivain). Imaginez une entité quasi divine qui ne suit pas un script linéaire, mais qui tient la plume en fonction de votre comportement immédiat. Ce n’est pas un simple système de jeu, c’est un marionnettiste algorithmique qui analyse vos hésitations, vos temps d’arrêt et vos fixations visuelles pour personnaliser votre descente aux enfers.
Grâce à son Adaptive Horror System, cette intelligence artificielle traite vos données de jeu en temps réel pour manipuler les fondements mêmes de votre réalité virtuelle :
- Le level design mutant : Le monde autour de vous est fluide. Vous passez une porte pour entrer dans une pièce, vous vous retournez, et le couloir a été remplacé par un mur borgne ou un escalier menant vers un abîme. Les points de repère deviennent vos pires ennemis.
- L’orchestration sensorielle adaptative : La bande-son est générative. Elle ne se contente pas de monter en volume ; elle s’accorde à votre nervosité. Si vous stagnez trop longtemps par peur d’avancer, le silence devient progressivement une pression physique, entrecoupée de fréquences sonores conçues pour induire un sentiment d’anxiété réelle.
- L’imprévisibilité chirurgicale : Oubliez les « patterns » des jeux classiques. « The Writer » sait quand vous commencez à comprendre ses mécaniques. Il attend le moment exact où vous soupirez de soulagement pour briser le quatrième mur et frapper là où vous êtes le plus vulnérable, rendant chaque partie radicalement différente de la précédente.
🧠 Le triangle de la peur : Combat, Fuite ou Paralysie
Le gameplay n’est pas une simple série d’actions ; c’est un miroir de votre biologie profonde. Le système s’appuie sur les théories de Walter Bradford Cannon sur l’homéostasie et les réponses physiologiques face au stress. Myth of Valderit identifie votre profil de réaction instinctif parmi trois archétypes : Fight, Flight, or Freeze (Combattre, Fuir ou se Pétrifier). Le jeu s’adapte à votre tempérament : si vous êtes un joueur qui fuit systématiquement, le village se transformera en cul-de-sac pour vous forcer à la confrontation. Si vous êtes du genre à rester pétrifié dans un coin sombre, le décor commencera à se liquéfier ou à se distordre pour vous pousser physiquement dans vos derniers retranchements. Vous ne jouez pas seulement à un jeu ; vous révélez votre véritable nature face à l’indicible.


👁️ La « Madness » : Quand la perception devient une cellule de prison
Inspiré par les thèmes de l’horreur cosmique et de la perte de soi, le jeu introduit une mécanique de « Madness » (Folie) qui redéfinit l’interface utilisateur. À mesure que la jauge de santé mentale de Nil s’érode sous le poids des découvertes macabres, le monde extérieur se désagrège de manière spectaculaire :
- Géométries non-euclidiennes : L’architecture du village commence à défier les lois de la physique. Les plafonds deviennent des sols, les angles droits semblent s’étirer vers des dimensions impossibles, créant un vertige sensoriel permanent qui rend la navigation labyrinthique.
- Synesthésie et hallucinations : Des murmures en catalan archaïque commencent à ramper dans vos oreilles, tandis que des silhouettes distordues apparaissent à la périphérie de votre vision, s’évaporant dès que vous tentez de les fixer. Les couleurs du monde virent vers des teintes « venues d’ailleurs », des violets et des ocres qui n’ont rien de naturel.
- Érosion de la vérité : Ce qui semblait être une porte de sortie peut se transformer en un gouffre sans fond. La folie ici n’est pas un simple filtre graphique, c’est une altération de la logique même du jeu. Vous devrez apprendre à naviguer dans un monde où vos yeux vous mentent délibérément.

🎨 Loom Studios : L’audace d’une génération sacrifiée mais créative
L’aventure de Loom Studios est un récit de résilience qui mérite d’être conté. Fondé en 2025 par quatre artistes visionnaires qui se sont rencontrés sur les bancs de l’école CEV de Barcelone, le studio est né d’un constat lucide : l’industrie du jeu vidéo actuelle est un champ de bataille saturé où les jeunes talents sont souvent ignorés. Plutôt que de se résigner à des rôles de subalternes, ces quatre créateurs ont choisi la voie de l’indépendance totale, bâtissant leur studio à partir de rien dans la capitale catalane.
Leur mantra, « S’il n’y a pas de travail pour toi, crée-le », infuse chaque fibre de Myth of Valderit. En partant d’une page blanche, ils ont réussi à concevoir un écosystème de développement agile, capable de produire une expérience qui rivalise avec des productions « AA » en termes de direction artistique et d’innovation technologique. Ce projet est le cri du cœur d’une jeune garde qui refuse de voir l’horreur comme un simple divertissement, mais comme un outil d’exploration de la condition humaine.
📄 (À consulter avant l’oubli)
- Développeur : Loom Studios
- Date de sortie : Courant 2026
- Plateformes de prédilection : PC (Steam, Epic Games Store) & Consoles de salon (PlayStation Store)
- Genre : Horreur Psychologique Adaptative / Expérience Narrative
- État d’avancement : Phase de production avancée (La démo technique est finalisée et attend sa publication pour mettre vos nerfs à l’épreuve)


Myth of Valderit ne se profile pas seulement comme un jeu de niche, mais comme une expérience sociologique violente et nécessaire. En plaçant l’intelligence artificielle « The Writer » au centre de la narration, Loom Studios propose un voyage où vous n’êtes jamais vraiment aux commandes, mais toujours responsable de votre propre terreur. Si vous cherchez un titre qui ne vous prend pas par la main mais vous saisit à la gorge, Valderit vous attend.
❓ Foire aux questions (FAQ)
Est-ce que MYTH OF VALDERIT est un jeu de « jump scares » facile ? Absolument pas. Bien que le jeu puisse comporter des moments de choc, l’accent est mis sur l’horreur psychologique et l’oppression constante. L’IA « The Writer » cherche à vous déstabiliser durablement plutôt qu’à vous faire simplement sursauter.
Combien de temps dure une partie ? Il s’agit d’une expérience narrative courte mais intense, conçue pour être vécue d’une traite ou en quelques sessions pour maintenir une immersion maximale.
Le jeu est-il différent à chaque fois que je rejoue ? Oui. Grâce à l’Adaptive Horror System, le level design, les apparitions et l’ambiance sonore changent en fonction de votre style de jeu (Combat, Fuite ou Paralysie), offrant une rejouabilité unique.
Le village de Valderit existe-t-il vraiment ? Le village est inspiré de La Mussara, un lieu abandonné bien réel en Espagne. Bien que l’architecture soit recréée pour les besoins du jeu, l’atmosphère de désolation s’appuie sur l’histoire et les légendes authentiques de ce site catalan.
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