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    [TEST] TOWA AND THE GUARDIANS OF THE SACRED TREE : la chronique d’un sacrifice réussi ?

    ByDomi

    Sep 29, 2025 #AVIS, #Gaming, #PS5, #TESTS

    Towa and the Guardians of the Sacred Tree, la nouvelle production de Bandai Namco signée le studio Brownies, est disponible sur PC, PS5, Switch et Xbox Series X|S. Si vous êtes peut-être passé à côté, c’est bien dommage, car le titre cherche activement à dépoussiérer le genre du roguelite en lui apposant une esthétique japonisante doublée d’une mécanique innovante. Loin d’être un énième clone Hadès-like (bien que l’inspiration soit évidente), il vous prend en otage émotionnel. C’est un roguelite isométrique nerveux et exigeant, doublé d’une fresque narrative mélancolique.

    L’équilibre du genre est bousculé par une mécanique centrale qui est à la fois son plus grand coup de génie ludique et sa pire torture émotionnelle. Préparez-vous non seulement à mourir souvent, mais à sacrifier vos meilleurs amis virtuels, non pas pour le spectacle, mais pour débloquer un point de compétence. Le jeu exige une excellence tactique et une résilience émotionnelle, le tout sous des graphismes éclatants et une bande-son magistrale. L’ambition est là ; voyons si Brownies et Bandai ont réussi à transformer cet essai titanesque.

    Pour être tout à fait honnête sur la fatigue oculaire que ce test a engendrée, nous tenons à remercier Bandai Namco pour l’envoi du code sur PS5, sans lequel nous n’aurions jamais pu vivre la joie et le chagrin (surtout le chagrin) de ce cycle éternel.

    Le Fil Tendu de l’Histoire : Une Tragédie Familiale en Boucle Temporelle (Assez Cliché)

    Bienvenue dans le paisible village de Shinju, où règne la bonne entente et la franche camaraderie. Mais que serait un J-RPG sans une menace planant sur lui ? Cette menace, c’est le terrible Magatsu qui corrompt les horizons. En tant que Towa, prêtresse au destin maudit (et manifestement très résistante au stress post-traumatique), votre tâche est de guider une équipe de huit enfants célestes, les Gardiens, pour affronter Magatsu et ses sbires, les Magaori. L’intrigue repose sur le pouvoir écrasant de Towa de remonter le temps après l’échec, créant des lignes temporelles fracturées à l’infini.

    Chaque run est un nouveau chapitre dans cette quête éternelle. Les dialogues riches et les scènes au village étoffent cette toile de fond, faisant de l’enjeu un drame personnel pour chaque Gardien. Le scénario est parfois complexe pour rien, parfois assez cliché (le Bien contre l’Ombre), mais il permet la rencontre de personnages hauts en couleur qui deviennent le véritable moteur de votre progression. Car la survie du village dépend du sacrifice de vos compagnons. Vous les côtoyez, vous les développez, vous les tuez pour le bien de la timeline ; c’est un travail ingrat.

    Le Duo de Choc et la Sur-Sollicitation Cognitive du Combat

    Les premiers pas dans Towa and the Guardians of the Sacred Tree ne se font pas avec une grande fluidité : le jeu vous matraque d’un environnement mystique et d’un gameplay complexe à saisir. Le but est de choisir des donjons où les récompenses, aléatoires (pour la run en cours ou pour la progression permanente), sont vitales. La véritable distinction réside dans le combat avec le système de duo. Vous choisissez deux personnages : l’un incarne le Tsurugi (force brute au sabre, rôle principal), et l’autre le Kagura (support magique et élémentaire). Vous incarnez les deux simultanément ! Tandis que vous frappez vos ennemis avec le sabre du Tsurugi, il faut surveiller la jauge des sorts du Kagura pour les utiliser au bon moment.

    C’est une gymnastique mentale intense : vous devez contrôler deux personnages, gérer l’usure des deux sabres du Tsurugi (qui doivent être alternés pour ne pas se briser), et surveiller la jauge d’attaque spéciale. C’est particulièrement demandeur en attention. Cette approche originale rend les combats particulièrement rythmés et intéressants, d’autant que chaque duo propose une approche différente, notamment grâce aux sets de sorts élémentaires des Kagura. Petit bémol sur le mode coop local ou en ligne : dissocier les rôles rend le gameplay plus lisible, mais le joueur Kagura, soumis au temps de rechargement des sorts, se retrouve souvent passif, avec pour seule arme des coups de bâton automatiques. C’est dommage, car l’expérience perd en rythme pour le joueur de soutien.

    La Mécanique du Sacrifice : Le Prix à Payer pour la Progression (Littéralement)

    C’est là que le jeu frappe comme un marteau. Le sacrifice n’est pas une option morale, c’est une loi de la survie et de la progression dans le jeu. À des moments prédéfinis et cruciaux de l’aventure, le Kagura qui vous a tant aidé doit disparaître (on suppose qu’il s’agit d’un voyage mystique, mais c’est bien une perte sèche). Cet acte est l’unique moyen pour Towa de retrouver sa pleine puissance et de débloquer des améliorations permanentes au village (passives, accès à de meilleurs matériaux à la forge, etc.).

    Cette règle est implacable et force une réinvention stratégique constante. Après avoir passé des heures à optimiser un compagnon, à peaufiner ses Grâces (compétences uniques) et son moveset, le jeu vous oblige à le rayer de l’existence pour pouvoir, par exemple, acheter une meilleure armure au village. Cela vous oblige à maîtriser les huit Gardiens disponibles, car le jeu refuse catégoriquement que vous vous reposiez sur un seul build confortable. C’est un entraînement intensif à l’acceptation de la perte, où chaque adieu est une étape nécessaire pour devenir plus fort. C’est un peu un entraînement à la philosophie stoïcienne, mais avec des barres de vie et des attaques élémentaires.

    La Narration et le Rythme : Quand l’Action Attend Poliment

    Contrairement à ses compétiteurs qui excellent dans la vitesse de relance et le flux ininterrompu d’action (nous regardons Hadès et sa boucle infernale), Towa prend un virage radical qui risque de vous donner un coup de frein au cœur de l’adrénaline. La narration est si dense que les dialogues fleuves et les interludes scénarisés au village ou dans les donjons sont fréquents, longs, et souvent impromptus.

    Le jeu vous demande d’accepter la lenteur : là où vous seriez en train de recharger votre arme, vous êtes invité à vous asseoir pour écouter les doutes existentiels d’un PNJ sur le prix des ressources ou les espoirs brisés d’un Gardien. Cette chaleur narrative est pourtant un contrepoint essentiel à la froideur du mécanisme de sacrifice. Elle vous permet de vous attacher profondément à ces personnages. Vous apprenez leurs petites manies, leurs relations complexes, et leurs interactions qui changent dynamiquement selon le binôme que vous avez choisi pour la run précédente. C’est brillant, car cela vous pousse à varier les duos juste pour voir la nouvelle conversation, mais c’est aussi un bris de rythme sévère.

    Pour les puristes de l’action effrénée, ces coupures narratives peuvent générer une frustration palpable, surtout lorsqu’elles surviennent juste avant ou après un échec cuisant. Vous voulez vous venger ? Le jeu vous oblige d’abord à lire cinq pages de sous-titres. C’est une méditation forcée sur la condition humaine, juste quand vous avez le plus envie de distribuer des coups de sabre. En fin de compte, l’histoire est une force motrice pour la progression, mais elle exige une patience de moine zen.

    L’Exigence et l’Esthétique : Beauté Épique et Redondance Pénible

    Visuellement, le jeu est une véritable claque esthétique. Testé sur PS5, le style japonisant est une réussite totale. Les environnements utilisent une direction artistique unique, inspirée des estampes traditionnelles (on pense forcément à l’iconographie d’œuvres comme La Grande Vague de Kanagawa), donnant un style fort agréable à l’œil et magnifiquement coloré. L’animation est fluide à souhait, renforçant le dynamisme des affrontements, tandis que la bande-son, composée par le légendaire Hitoshi Sakimoto, confère une ampleur lyrique aux combats. Vous mourez, mais vous mourez en musique, ce qui est une consolation noble.

    Cependant, cette splendeur ne masque pas une difficulté élevée. Les ennemis sont résistants, mais le pire, c’est que le jeu tombe dans l’écueil des boss sacs à PV dont les schémas d’attaque sont souvent redondants. Le jeu ne parvient pas à proposer des twists intéressants côté affrontement, se contentant souvent d’un changement de skin pour simuler la nouveauté. Le plus frustrant reste la lisibilité des combats : l’abondance d’effets visuels (particules, magie, explosions) rend l’écran chaotique. Vous êtes souvent surpris par une attaque que vous n’avez pas vue venir, noyée dans cette orgie lumineuse.

    La progression se fait par paliers abrupts, vous obligeant à passer du temps à la Forge pour créer et améliorer vos armes (via des mini-jeux de timing récompensant les joueurs assidus). Heureusement, les développeurs ont eu la décence d’inclure un mode Histoire qui est un compromis honnête pour les moins patients : il baisse le niveau des ennemis après chaque défaite. Une façon polie de vous dire : « Si vous n’arrivez pas à progresser, on va vous aider un peu, mais ne vous attendez pas à rouler sur le jeu pour autant. »

    Le Système de Progression Boulimique et l’Endurance de l’Aventure Colossale

    Le village de Shinju devient, au fil du temps, un véritable boulimique des bâtiments. Non seulement vous avez la forge pour vos armes, mais s’ajoutent une boutique, un tableau de quêtes, une boutique itinérante… On retrouve même l’incontournable mini-jeu de pêche, car apparemment, même en pleine crise existentielle et face à la fin du monde, il faut pêcher. Le problème, c’est que le jeu propose une quantité aux dépens de la qualité, noyant le joueur sous un déluge de systèmes d’améliorations : dons, bénédictions, inscriptions, capacités, et points de stats à répartir. Au final, la majorité de ces systèmes se contentent d’apposer des pourcentages et des chiffres sur des chiffres.

    Ces améliorations, bien que nombreuses, ont malheureusement peu d’impact concret sur le gameplay après un certain cap. Le Tsurugi, par exemple, n’a qu’un seul type de sabre, ce qui signifie que votre progression se résume à optimiser des statistiques plutôt qu’à débloquer de nouvelles façons de jouer. La redondance s’installe alors, transformant l’envie de relancer « juste une dernière run » en une véritable corvée de farm.

    Cependant, malgré cette surcharge, la durée de vie est colossale. Attendez-vous à y laisser des centaines d’heures. La boucle de jeu est extrêmement exigeante. Le désir d’optimiser chaque Gardien pour le sacrifice ultime et de voir la conclusion de cette intrigue complexe garantit une longévité digne des plus grands J-RPG. C’est le genre de jeu qui vous offre une vie de plaisir, à condition que cette vie soit passée à grinder et à gérer vos deuils virtuels.

    Conclusion : Aimer, Perdre, Recommencer

    Towa and the Guardians of the Sacred Tree est un jeu qui s’est forgé une identité audacieuse. Il exige de vous une résilience et une adaptabilité rares. Sa mécanique de sacrifice, sa forge profonde et son village narratif en font une œuvre singulière. Ceux qui acceptent son rythme narratif particulier et sa difficulté parfois abrupte découvriront un jeu généreux, riche et terriblement attachant. Préparez-vous à tomber amoureux de vos compagnons, à les optimiser au maximum, et à les regarder disparaître. C’est une expérience qui vous fait grandir… à force de chagrin.


    Le Bilan du Sacrifice : Entre Triomphe Épique et Calamité Ludique

    Ce jeu est un véritable coup de maître sur plusieurs aspects qui le distinguent de la masse des roguelites :

    • La Mécanique de Sacrifice Unique : C’est le cœur du jeu. Cette règle vous force à être un génie stratégique, vous obligeant à maîtriser les huit Gardiens et leurs synergies pour compenser la perte brutale de votre meilleur coéquipier. C’est cruel, mais ce moteur ludique est d’une brillance stratégique indéniable.

    • Le Gameplay en Duo Innovant et Intense : Contrôler le Tsurugi et le Kagura simultanément est une gymnastique mentale exigeante mais incroyablement satisfaisante une fois maîtrisée. Cela offre une variété tactique immense grâce aux différents sets de sorts élémentaires et aux mécaniques d’usure des sabres.

    • La Direction Artistique et la Bande-Son Exceptionnelles : L’esthétique japonisante inspirée des estampes traditionnelles est magnifique. Le jeu est une claque visuelle, soutenue par une bande-son magistrale signée Hitoshi Sakimoto qui rend chaque combat épique. Vous mourrez en musique, au moins.

    • Une Richesse Narrative Attachante : Contrairement à la majorité du genre, Towa prend le temps de vous raconter une histoire complète. Les dialogues sont nombreux et développés, créant un attachement puissant aux personnages… juste avant que le jeu ne vous ordonne de les jeter dans le cycle temporel.

    • La Durée de Vie Colossale et la Progression : La longévité est immense (comptez des centaines d’heures) grâce à une boucle addictive. La forge et les améliorations du village offrent des leviers permanents profonds qui vous donnent l’impression de toujours progresser, même après un échec cuisant.

    Malgré ses ambitions, le jeu souffre de défauts qui peuvent user la patience des joueurs :

    • La Lisibilité des Combats Chaotique : L’abondance d’effets visuels (magie, attaques, explosions) rend l’écran très souvent fouillis. Vous mourrez parce que vous n’avez pas vu l’attaque fatale arriver, noyée dans cette orgie lumineuse.

    • Le Rythme Narratif Trop Lent : Le revers de la richesse narrative, c’est la lenteur. Les séquences de dialogues fréquentes et les interludes cassent le flux de l’action, vous frustrant quand vous ne voulez qu’une chose : retourner sabrer du monstre.

    • La Surcharge Cognitive et la Redondance : Le jeu propose trop de systèmes (dix bâtiments, multiples stats à améliorer, bénédictions, inscriptions, etc.). Cette surcharge d’informations nuit à la clarté et mène à une redondance frustrante, où le farm devient une corvée pour des améliorations peu significatives.
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