Soyons honnêtes deux minutes : le paysage du jeu de course arcade actuel ressemble un peu à une ville fantôme. Entre les simulations en monde ouvert un peu trop polies comme Forza Horizon et les derniers Need for Speed qui cherchent encore leur identité entre deux tags de graffiti, on commençait sérieusement à s’ennuyer ferme. Alors, quand le logo de Screamer a flashé sur l’écran géant des Game Awards 2024, j’ai cru à une hallucination collective due à un abus de caféine ou à un stagiaire rebelle chez Milestone qui s’était trompé de trailer.
Pour les plus jeunes, le nom « Screamer » ne vous évoque sans doute rien d’autre qu’un mauvais souvenir sur YouTube, mais pour les anciens (ceux qui ont connu l’époque bénie des disquettes et des joysticks à deux boutons), c’est le nom d’un titan. En 1995, le premier opus développé par Graffiti était la seule alternative crédible — et sacrément couillue — au Ridge Racer de Namco qui régnait sur PlayStation. Ce que peu de gens savent, c’est que Graffiti n’est autre que l’ancien nom de Milestone. Voir le studio revenir à ses premières amours trente ans plus tard, c’est un pèlerinage aux sources après avoir bâti un empire sur la simulation. C’était l’époque glorieuse du PC« Gaming » naissant, où l’on ne passait pas trois heures dans les menus pour régler la pression des pneus, mais où l’on priait simplement pour que notre processeur Pentium 60 ne fonde pas en affichant trois polygones de plus que la veille. C’était le temps du fun immédiat, du drift qui ne respectait aucune loi de la physique et des musiques CD-Audio qui crachaient des riffs de guitare bien gras.
Voir les Italiens de Milestone reprendre ce flambeau aujourd’hui est un choc culturel. D’ordinaire, ce studio est aussi sérieux et rigoureux qu’un notaire milanais, nous habituant depuis des années à la précision clinique de leurs simulations de MotoGP ou de Ride. Les voir « craquer leur slip » pour nous livrer ce reboot, c’est comme si votre prof de maths favori s’achetait une Harley-Davidson sur un coup de tête et décidait de faire du skate sur les bureaux : c’est inattendu, c’est un peu flippant pour ses articulations, mais purée, qu’est-ce que c’est rafraîchissant. Disponible depuis le 26 mars 2026, ce nouveau Screamer est une lettre d’amour brutale, futuriste et un brin sadique à l’arcade pure. Testé à partir d’une version PS5 (sur une console slim, car oui, on a encore des lecteurs de disques en 2026), c’est un rappel sanglant que conduire peut aussi être une expérience viscérale, bordélique et surtout, terriblement jubilatoire.
Ce test a été réalisé sur une version physique envoyée par l’éditeur, que je remercie chaleureusement, testé sur une PS5 Slim. Le jeu est disponible au tarif de 69,99 € sur PS5, Xbox Series X|S et PC.
- 📖 Un scénario à la "Fast & Furious" version Visual Novel
- 🏎️ Le casting : Des parias, des néons et du drama
- 🎭 Visual Novel et Puce Magique : L'audace technique
- 🎧 La puce de traduction : Le détail qui change tout
- 🎬 Le syndrome du "trop peu" : Polygon Pictures à la baguette
- 🖼️ Une claque visuelle entre Cyberpunk et Japanime : L'esthétique Neo-Rey
- 🎮 Gameplay & Modes de jeu : L'art du chaos
- 🏁 Une structure entre narration et compétition
- 🔊 Une bande-son qui vous injecte de l'adrénaline (et des acouphènes)
- 🎮 La gymnastique du Dual-Stick : Le drift au scalpel
- ⏳ Durée de vie et Éthique : Le paradis perdu du "Gamer"
- ⚠️ Une difficulté qui ne connaît pas la pitié : L'IA "Terminator"
- 🏆La gifle arcade qu'on n'attendait plus
- ✅ Les Plus
- ❌ Les Moins
- ❓ FAQ : Tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer




📖 Un scénario à la « Fast & Furious » version Visual Novel
On ne va pas se mentir, d’habitude, le scénario dans un jeu de course, c’est : « Tu es le petit nouveau, gagne la coupe en chocolat et rentre chez toi ». Ici, Milestone craque complètement l’allumette et assume un côté « bavard » assez inédit. On oublie les stands qui sentent l’huile de vidange et le café tiède ; bienvenue à Neo Rey, une cité futuriste où le mystérieux M. A organise un tournoi illégal avec autant de zéros sur le chèque que de risques de finir dans un ravin. Mais plutôt que de nous infliger un avatar muet sans personnalité, le jeu nous propose une structure linéaire découpée en quatre actes. On y navigue entre les destins croisés de cinq équipes (pour un total de seize pilotes) qui auraient plus leur place dans un thriller psychologique que sur un circuit de karting. L’écriture ne recule devant rien : deuil, amour, trahison, menaces de mort et même meurtre… On est sur une maturité qui gifle, là où la concurrence nous demande juste de choisir la couleur de nos jantes.
Screamer est sans doute le jeu de course le plus loquace du marché. La narration emprunte les codes du Visual Novel : l’essentiel de l’intrigue passe par des dialogues écrits et doublés que l’on fait défiler, entrecoupés de chapitres optionnels qui approfondissent le passé de chaque faction. C’est un choix audacieux qui donne au titre une « âme » et une identité S-F maîtrisée, transformant chaque épreuve en un véritable enjeu dramatique où les conflits personnels se règlent directement pare-chocs contre pare-chocs.
🏎️ Le casting : Des parias, des néons et du drama
Chaque faction apporte son lot de casseroles et de traumatismes, rendant chaque victoire presque aussi pesante qu’une défaite en termes de charge mentale. On n’est pas là pour déboucher le champagne, mais pour survivre à la prochaine ligne droite.
- Les Green Reapers : La vengeance au bout du volant Oubliez les sponsors de boisson énergisante, ici on carbure à la rancœur. Ce trio de tueurs à gages ne court pas pour soulever un trophée, mais pour honorer la mémoire de leur ancienne cheffe, dont la mort suspecte sert de fil rouge à leur campagne. L’équipe transforme chaque épreuve en une traque. Les dialogues entre deux dérapages ne parlent pas de pression de pneus, mais de menaces de mort et de règlements de comptes. C’est froid, c’est clinique, et Silas a cette fâcheuse tendance à vous rappeler que si vous ne gagnez pas, vous n’êtes qu’un obstacle de plus à éliminer.
- Strike Force Romanda : Le retour (sanglant) des idoles C’est le trio le plus atypique, et probablement le plus « animé » du lot. Imaginez trois pop-stars japonaises dont la carrière a été littéralement brisée par l’industrie. Elles voient le tournoi de M. A comme leur unique plateforme pour hacker le système et reprendre le contrôle de leur image. On est très loin des paillettes et des chorégraphies synchronisées : leur agressivité sur la piste est proportionnelle à leur chute de popularité. Elles pilotent comme si chaque dépassement était une insulte à leurs anciens producteurs, transformant le bitume en une scène de concert où le public risque surtout de finir dans le décor.
- Le Kagawa-Kai : La survie sous haute tension financière Ici, on touche au versant le plus poisseux de Neo Rey. Ces Yakuzas ne sont pas là pour le prestige du clan, mais parce qu’ils sont endettés jusqu’au cou. Pour eux, la défaite n’est pas une simple déception sportive, c’est une condamnation à mort sociale (voire physique). Le jeu ne fait pas de dentelle : les dialogues révèlent des thèmes profonds comme l’acceptation de soi et la survie pure. Finir deuxième pour eux, c’est comme signer son propre arrêt de mort dans un monde qui déteste les perdants autant que les radars automatiques.
- Jupiter Stormers & Co : La science, les larmes et la corpo Le roster est complété par les Jupiter Stormers, des scientifiques envoyés par une mégacorporation pour tester des technologies limites (et probablement illégales). Mais le jeu surprend surtout par ses personnages solitaires aux vécus lourds. On pense notamment à ce pilote traumatisé par un ancien accident, dont le retour sur la piste sert de tutoriel émotionnel : il doit littéralement réapprendre à conduire en même temps qu’il soigne son stress post-traumatique. Milestone utilise alors des thèmes comme le deuil technologique, l’aliénation par le travail ou la corruption systémique pour justifier pourquoi vous galérez autant à débloquer votre prochain boost.
🎭 Visual Novel et Puce Magique : L’audace technique
Le jeu adopte une structure de Visual Novel totalement assumée, un choix radical pour un titre de course. L’essentiel de l’intrigue ne se joue pas via des cinématiques permanentes, mais par des dialogues écrits et doublés que l’on peut passer ou accélérer. Ces échanges s’affichent entre deux sessions de drift intensif pour illustrer une narration qui ne recule devant rien : deuil, trahison, menaces de mort et même meurtre. Milestone a mis le paquet sur le casting pour porter ce scénario « bavard » : on y retrouve des pointures comme Troy Baker (The Last of Us) et Aleks Le (Demon Slayer).
Cette ambition narrative est inédite pour le genre et s’étale sur une campagne d’environ 15 heures. Le jeu prend le temps de poser les bases de son univers S-F à Neo Rey, à tel point qu’on finit par y voir le potentiel d’une véritable série animée, malgré une écriture qui bascule parfois dans la niaiserie ou les réactions enfantines sur la fin.
🎧 La puce de traduction : Le détail qui change tout
Le petit détail « méta » qui apporte un vrai cachet au titre, c’est la gestion des langues. À l’instar d’un Tekken, les personnages s’expriment chacun dans leur langue d’origine (Japonais, Italien, Français, Anglais ou Allemand). Pourtant, tout le monde se comprend parfaitement : c’est justifié scénaristiquement par l’existence d’une puce de traduction instantanée. C’est brillant, car cela permet de donner une véritable voix et une identité propre à chaque pilote sans sacrifier la compréhension. On sent vraiment le côté « Tournoi Mondial » où les cultures s’entrechoquent. C’est un moteur d’immersion puissant qui renforce la personnalité des seize protagonistes du roster, nous évitant le classicisme d’un doublage intégralement uniformisé.
🎬 Le syndrome du « trop peu » : Polygon Pictures à la baguette
Et quand l’image s’anime enfin, c’est l’extase. Les rares cinématiques ont été confiées au studio Polygon Pictures (Ghost in the Shell 2, Blame!). Ce sont de véritables claques visuelles qui hurlent l’âge d’or de l’animation japonaise des années 90 : des reflets de néons sur les carrosseries, des visages expressifs et une mise en scène nerveuse qui ferait passer Fast & Furious pour une balade en tracteur. C’est là que le bât blesse : on compte à peine une demi-heure de cutscenes pour une campagne de 15 heures. C’est un peu comme si on vous offrait un menu gastronomique mais qu’on ne vous laissait que trois bouchées du plat principal. Le reste du temps, on « lit » le jeu. On en ressort avec une frustration immense, tant on aurait aimé que cet univers, si riche en dialogues et en enjeux humains (le deuil, l’aliénation, la corruption), s’exprime davantage par la maestria visuelle de Polygon Pictures plutôt que par des fenêtres de texte, aussi bien doublées soient-elles.
Milestone a créé un univers incroyable, sombre et ultra-stylisé, mais semble avoir eu peur d’aller au bout de ses ambitions cinématographiques. C’est brillant, mais on reste sur notre faim.

🖼️ Une claque visuelle entre Cyberpunk et Japanime : L’esthétique Neo-Rey
Graphiquement, le jeu ne cherche pas à vous montrer chaque pore de la peau du pilote ou le grain de cuir des sièges, et honnêtement, c’est tant mieux. Screamer est un véritable bonbon visuel qui assume sa direction artistique hybride avec une insolence rare. On sent que le virage esthétique d’un Need for Speed Unbound a laissé des traces : Milestone mélange ici des décors futuristes criants de réalisme avec une touche d’animation japonaise qui donne un cachet fou à l’ensemble. On est plongé dans Neo Rey, une métropole dystopique saturée de néons où le bitume mouillé reflète tellement les enseignes lumineuses que le Ray Tracing de la PS5 tourne à plein régime pour transformer chaque flaque d’eau en un tableau cyberpunk. Le travail sur les environnements est d’une générosité surprenante : on navigue entre des gratte-ciel vertigineux, un barrage hydraulique colossal, des forêts synthétiques et même une station spatiale post-apocalyptique.
Le look global fusionne ces décors hyper détaillés avec un rendu qui flatte la rétine, créant une image à la fois organique et dessinée. La fluidité ? Un 60 FPS qui tient la route malgré la débauche d’effets de particules. Quand vous activez le boost, l’esthétique du jeu mute littéralement : le champ de vision se déforme, les couleurs saturent et l’écran se transforme en un feu d’artifice de traînées lumineuses. Les modèles de bagnoles, bien que totalement fictifs, sont des bijoux de design aérodynamique avec des animations qui claquent à chaque choc, rappelant que sous le vernis des néons, c’est bien de la tôle froissée que l’on manipule.



🎮 Gameplay & Modes de jeu : L’art du chaos
Screamer ne fait pas dans la dentelle. Sous ses airs de « pick-up and play », il cache une exigence technique rare qui demande un véritable doigté de chirurgien. On ne joue pas à ce titre pour se détendre : c’est une expérience qui épuise nerveusement tant elle sollicite les sens.
- La gymnastique du « Dual-Stick » : C’est le cœur du jeu. Le stick gauche gère la direction de façon assez rustre, mais le joystick droit est dédié au drift. En jouant avec les deux simultanément, on sculpte sa trajectoire. C’est une véritable épreuve psychomotrice : au début, on rebondit comme un palet de hockey sur les murs des circuits étroits, mais une fois maîtrisé, le bonheur de réussir un enchaînement à 300 km/h est immense.
- Le concept de « Hero-Driver » : Le roster de seize personnages ne propose pas que des skins. Chaque pilote a sa propre voiture avec des jauges de boost et des charges de tacle spécifiques. Plus encore, chacun possède une compétence unique : certains régénèrent la nitro en glissant, d’autres peuvent déclencher un « double boost » via un QTE in-game (une pression de touche au bon moment).
- L’art du Boost et de la Charge : La gestion de l’énergie est stratégique. Le boost peut être maximisé si l’on relâche la touche avec le bon timing (comme le rechargement de Gears of War). À l’inverse, vous pouvez consommer cette énergie pour déclencher une charge dédiée (takedown) ou un bouclier provisoire pour vous protéger des attaques. Les vibrations de la manette sont omniprésentes : elles vous alertent sur l’état du véhicule et l’imminence des impacts.
🏁 Une structure entre narration et compétition
Le panel de modes est calibré pour justifier chaque aspect de cet univers S-F :
- The Tournament (Le mode solo) : Une campagne linéaire de 15 heures découpée en quatre actes. Vous n’avez pas de garage ni d’argent : vous incarnez tour à tour les pilotes imposés par le scénario. Ce qui est malin, c’est que l’histoire dicte le gameplay : un pilote traumatisé débloquera ses capacités au fur et à mesure qu’il regagne confiance, tandis qu’une dispute entre coéquipiers vous forcera à les percuter injustement en pleine course pour valider l’objectif.
- Team Races & Takedowns : La victoire est collective. Le classement final dépend de votre position, mais aussi du nombre de takedowns réalisés. On peut donc jouer un rôle de « tank » pour bloquer les rivaux et favoriser son leader.
- Multijoueur & Miracle technique : Si le cross-play assure la pérennité en ligne, le clou du spectacle reste l’écran scindé jusqu’à 4 joueurs. Milestone a réussi l’exploit de maintenir une fluidité impressionnante dans ce mode, ressuscitant les soirées « canapé » des années 90.
Le revers de la médaille : L’IA est qualifiée d’imbuvable. Elle est capable de lire vos inputs (vos commandes) pour vous bloquer et bénéficie d’un rubber banding (effet élastique) agressif qui ne vous laisse jamais respirer. Ajoutez à cela des problèmes de visibilité sur certains circuits saturés de néons et d’effets de particules, et vous obtenez un jeu qui peut s’avérer aussi frustrant que galvanisant.



🔊 Une bande-son qui vous injecte de l’adrénaline (et des acouphènes)
Si vos oreilles pouvaient parler, elles vous supplieraient probablement d’augmenter le volume jusqu’à ce que les vitres tremblent. La bande originale, signée par le duo Max Aruj et Luigi Pianezzola, n’est pas juste une musique d’ambiance : c’est une agression sensorielle de haut vol qui construit l’adrénaline du titre de A à Z. On est sur un mélange furieux de Drum & Bass, de Speed Garage, de Tech-House et de gros riffs de guitare saturés. C’est un hommage vibrant à l’électro-rock des années 90, remis au goût du jour avec une production chirurgicale qui vous tape directement dans le cortex. Le design sonore est d’une intelligence rare, presque organique. Le mixage est totalement dynamique : chaque micro-événement sur la piste trouve son écho acoustique. Quand vous enchaînez les dérapages ou que vous frôlez un mur à 300 km/h, la musique réagit, s’étouffe ou sature pour coller à l’intensité de l’action. On sent que chaque kick de batterie a été placé là pour faire vibrer votre cage thoracique en parfaite synchronisation avec les vibrations haptiques de la DualSense, qui ne vous laisse aucun répit.
Le travail sur les moteurs est tout aussi impressionnant et déstabilisant. Oubliez les bruits de tondeuses à gazon des simulations polies : ici, les voitures hurlent et sifflent comme des moteurs à réaction. Le sifflement des turbos et les détonations d’échappement sont d’une netteté effrayante. Jouez impérativement au casque pour profiter de l’audio 3D (essentiel pour ressentir la position des rivaux dans votre nuque) ou préparez-vous à ce que vos voisins finissent par appeler la police pour tapage nocturne — ce qui, entre nous, est parfaitement raccord avec l’ambiance de courses illégales de Screamer. C’est une expérience auditive totale qui finit de transformer votre salon en cockpit de chasse.

🎮 La gymnastique du Dual-Stick : Le drift au scalpel
Mais là où Screamer va diviser les foules (et probablement causer quelques tendinites), c’est dans sa gestion unique du gameplay. Oubliez tout ce que vous savez sur l’arcade classique : ici, le titre de Milestone impose une véritable gymnastique digitale. Si le stick gauche sert classiquement à diriger le nez de la bagnole, c’est le joystick droit qui gère l’intensité et l’angle de vos dérapages.
On ne « lance » pas un drift en tapotant le frein, on le maintient et on le sculpte avec le pouce droit. C’est une approche chirurgicale, presque psychomotrice, qui demande un temps d’adaptation certain. Les premières heures, on se mange les murs de Neo Rey en essayant de comprendre pourquoi notre voiture rebondit comme un palet de hockey, mais une fois le déclic opéré, la sensation de précision est grisante. C’est du « Dual-Stick » pur jus qui transforme chaque virage en épingle en un micro-défi de coordination. Heureusement pour les allergiques à cette méthode, Milestone a eu le bon goût de permettre un remapping complet ou l’activation d’assistances au drift, mais ce serait se priver du sel même de ce reboot : cette exigence millimétrée qui fait toute la différence entre un simple conducteur et un véritable « Screamer ».


⏳ Durée de vie et Éthique : Le paradis perdu du « Gamer »
On va poser les bases tout de suite : pas de « Battle Pass » à 20 balles, pas de micro-transactions honteuses pour une peinture de carrosserie, pas de boutiques éphémères qui vous incitent à sortir la carte bleue pour espérer être compétitif. Ici, on est dans l’arcade pur jus, une relique magnifique d’un temps que l’on pensait révolu : on débloque tout à la sueur du front. Screamer respecte votre temps et votre portefeuille avec une intégrité qui force le respect en 2026. Comptez une bonne grosse quinzaine d’heures pour boucler la campagne principale, et facilement le double si vous visez les 100 %. Le jeu est généreux : il propose 32 circuits et 16 pilotes aux styles radicalement différents. Chaque véhicule débloqué est une récompense savoureuse liée à votre progression dans les quatre actes du mode Histoire. On retrouve ce plaisir simple de la collectionnite sans le sentiment de se faire traire par un algorithme. Les défis secondaires et les chapitres optionnels ajoutent une couche de rejouabilité bienvenue pour ceux qui veulent vraiment essorer le titre.
Mais le véritable trésor, le truc qui m’a fait verser une petite larme de nostalgie au milieu d’un océan de pixels néon, c’est le retour triomphal du multijoueur en écran partagé jusqu’à 4 joueurs. Oui, vous avez bien lu : Milestone a réussi l’exploit de maintenir une fluidité impressionnante avec quatre joueurs sur le même canapé. C’est un voyage temporel direct en 1998, une époque où le plaisir de jeu se mesurait à la proximité physique de ses rivaux. Pouvoir insulter ses potes en direct parce qu’ils vous ont envoyé valser dans le décor avec un takedown bien placé alors que vous étiez à deux doigts de la victoire, ça n’a absolument aucun prix. C’est le jeu de soirée par excellence, celui qui va ruiner des amitiés le temps d’une course mais créer des souvenirs impérissables, exactement comme à l’époque héroïque des tournois improvisés dans un garage. C’est une bouffée d’oxygène dans une industrie qui semble avoir oublié que le jeu vidéo est, à la base, un média social de salon.



⚠️ Une difficulté qui ne connaît pas la pitié : L’IA « Terminator »
On ne va pas passer par quatre chemins : l’IA de Screamer ne rigole absolument pas. Elle ne se contente pas de conduire, elle vous chasse. Les adversaires ne semblent jamais faire d’erreurs humaines : oubliez les trajectoires approximatives ou les glissades mal contrôlées. Ils pilotent avec une précision chirurgicale et bénéficient d’un effet « élastique » (Rubber Banding) assez énervant qui ferait passer une sangsue pour une amie distante. Vous avez beau conduire comme un demi-dieu scandinave, ils seront toujours tapis dans votre angle mort, à vous surveiller comme un huissier de justice un lendemain de loyer impayé. C’est un affrontement constant où l’ordinateur possède cette fâcheuse tendance à lire vos inputs : tentez de la bloquer, et elle trouvera le millimètre de bitume restant pour vous déborder. Le jeu flirte très souvent avec le pur « Die and Retry », imposant des pics de difficulté parfois injustes sur des épreuves totalement aléatoires. On finit par apprendre les circuits par cœur, virage par virage, non pas par plaisir esthétique, mais par pur instinct de survie. Chaque épreuve devient un puzzle à haute vitesse où la moindre micro-seconde d’hésitation est sanctionnée par une collision dévastatrice.
C’est frustrant, c’est parfois injuste (surtout quand on se fait tamponner à 350 km/h par un adversaire qui semble ignorer les lois de l’inertie), mais c’est diablement gratifiant quand on finit par passer la ligne en premier après vingt tentatives. Heureusement, Milestone a eu la décence d’inclure des paramètres d’accessibilité salvateurs : freinage assisté, accélération automatique et même un drift assisté pour ceux qui ne veulent pas finir en thérapie. Mais ne vous y trompez pas : ici, on ne gagne pas parce qu’on a sorti la carte bleue pour booster son moteur. On gagne parce qu’on a enfin compris comment dompter la bête sans finir dans le décor. C’est un apprentissage à la dure, une école du bitume qui ne pardonne rien, mais qui rend chaque victoire épique. C’est du« Hardcore Arcade » dans toute sa splendeur, un plaisir brut qui se mérite à la force du pouce.




🏆La gifle arcade qu’on n’attendait plus
Screamer sur PS5, c’est bien plus qu’une simple mise à jour technique ou qu’un exercice de nostalgie facile : c’est le retour triomphal du fun brut, sans fioritures et surtout sans aucune pitié pour votre ego. Dans un marché saturé par des titres qui cherchent à plaire à tout le monde en lissant chaque aspérité, ce reboot prend le contrepied total. C’est un jeu qui possède ce qu’on appelle « la gueule et le cœur » : une identité visuelle néon-rétro-futuriste absolument hypnotique couplée à un système de conduite arcade pur et dur qui redéfinit la notion de maîtrise. Il ne se contente pas de vous demander de tourner, il exige que vous fusionniez avec votre manette pour dompter des trajectoires que la physique classique réprouverait. Le contrat rempli par Milestone est clair : redonner ses lettres de noblesse à l’arcade « sang et larmes ». Alors oui, l’IA va vous faire rager jusqu’à la limite de la rupture nerveuse, oui vous allez exploser en plein Overdrive façon bouquet final de 14 juillet à cause d’un pixel mal négocié, mais purée, que ça fait du bien de retrouver un jeu de course qui a une âme et qui ne vous prend pas par la main comme si vous aviez encore des petites roues à votre vélo.
Chaque victoire dans Screamer se mérite, chaque drift au double stick réussi est une décharge de dopamine et chaque session en écran scindé rappelle pourquoi on aimait tant le jeu vidéo avant l’ère des micro-transactions généralisées. C’est un titre indispensable, viscéral et terriblement punitif pour tous ceux qui trouvent que les simulations actuelles sont devenues un peu trop polies et aseptisées. Si vous cherchez de l’adrénaline pure, un défi qui vous fera suer des mains et une courbe de progression qui en a vraiment dans le ventre, vous venez de trouver votre nouveau sanctuaire du bitume. C’est brutal, c’est injuste parfois, mais c’est surtout le shoot d’arcade le plus galvanisant de la décennie.
✅ Les Plus
- Une Direction Artistique à tomber : Un mélange fascinant entre le réalisme urbain de Neo Rey et une esthétique Japanime/Cyberpunk qui claque, magnifiée par les cinématiques de Polygon Pictures.
- Le Gameplay « Dual-Stick » : Une approche innovante et exigeante du drift qui offre une courbe de progression gratifiante pour ceux qui acceptent de s’y investir.
- Un Scénario avec du corps : Une structure de Visual Novel bavarde mais prenante, portée par un casting vocal de haute volée (Troy Baker, Aleks Le) et des thématiques matures (deuil, vengeance).
- L’immersion par les langues : Le système de puce de traduction qui permet de conserver les voix originales (Japonais, Italien, etc.) tout en rendant le tout parfaitement compréhensible.
- Éthique irréprochable : Pas de micro-transactions ni de Battle Pass. On débloque les 16 pilotes et leurs bolides à la force du pouce.
- Le miracle du Split-screen : Pouvoir jouer à 4 joueurs en écran scindé sur une PS5 en 2026, c’est un cadeau rare pour les soirées entre potes.
- Accessibilité exemplaire : Malgré sa difficulté, le jeu propose des options complètes (mode une main, auto-drift, remapping) pour ne laisser personne sur le bord de la route.
❌ Les Moins
- Le syndrome du « Trop Peu » : Des cinématiques de Polygon Pictures sublimes mais trop rares (seulement 30 minutes sur 15h de jeu) et parfois mal réparties.
- Une IA « Terminator » : Un comportement souvent imbuvable et un Rubber Banding (effet élastique) qui peut rendre certaines courses injustement punitives.
- Une progression « à l’ancienne » : L’absence totale de monnaie in-game, de système de niveau ou d’amélioration mécanique des voitures pourra en frustrer certains sur la durée.
- Tuning anecdotique : Un système de personnalisation visuelle un peu brouillon et qui manque de profondeur par rapport à la qualité globale du titre.
- Lisibilité parfois précaire : Entre les effets de néons, la pluie permanente et les « takedowns » en pagaille, l’action devient parfois confuse sur les circuits les plus étroits.
Si vous avez gardé votre âme d’enfant capable de s’émerveiller devant des néons roses tout en ayant la patience d’un moine bouddhiste face à une difficulté digne d’un Elden Ring sous protoxyde d’azote, foncez, ce jeu est votre nouveau messie. En revanche, si vos nerfs sont aussi fragiles qu’une carrosserie en plastique, fuyez pauvres fous : ce jeu va dévorer votre santé mentale, vos pouces et probablement votre DualSense avant même que vous ayez passé le premier virage.
❓ FAQ : Tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Faut-il avoir joué aux épisodes originaux des années 90 ? Absolument pas. Bien que le jeu regorge de clins d’œil pour les nostalgiques, c’est un reboot complet avec un nouvel univers et un gameplay totalement repensé. Vous pouvez plonger dans Neo-Rey sans aucune connaissance préalable.
Le système de pilotage est-il paramétrable ? Oui. Bien que le jeu soit exigeant par défaut, Milestone a inclus un mode « Classique » dans les options qui automatise certaines corrections de trajectoires pour ceux qui préfèrent une conduite plus traditionnelle. Mais attention : vous perdrez en précision et en sensations.
Y a-t-il du contenu multijoueur en ligne ? Oui, des lobbies jusqu’à 16 joueurs sont disponibles avec un système de classement mondial. Le « Netcode » est d’ailleurs très solide, même si le plaisir de l’écran partagé reste imbattable.
Le jeu est-il compatible avec les volants ? Oui, les principaux modèles (Logitech, Thrustmaster, Fanatec) sont reconnus. Le stick droit est alors mappé sur les palettes ou sur un levier séquentiel selon votre configuration. L’expérience est encore plus physique, mais attendez-vous à avoir des courbatures aux bras !
Quelle est la différence entre la version PS5 et la version PC ? La version PS5 exploite magnifiquement les gâchettes adaptatives et les retours haptiques de la DualSense (on sent littéralement le moteur brouter sous les doigts). La version PC permet quant à elle de débloquer le framerate au-delà de 60 FPS pour les possesseurs d’écrans 144Hz.
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