Soyons honnêtes deux minutes : le paysage du jeu de course arcade actuel ressemble un peu à une ville fantôme. Entre les simulations en monde ouvert un peu trop polies comme Forza Horizon et les derniers Need for Speed qui cherchent encore leur identity entre deux tags de graffiti, on commençait sérieusement à s’ennuyer ferme. Alors, quand le logo de Screamer a flashé sur l’écran géant des Game Awards 2024, j’ai cru à une hallucination collective due à un abus de caféine ou à un stagiaire rebelle chez Milestone qui s’était trompé de trailer.
Pour les plus jeunes, le nom « Screamer » ne vous évoque sans doute rien d’autre qu’un mauvais souvenir sur YouTube, mais pour les anciens (ceux qui ont connu l’époque bénie des disquettes et des joysticks à deux boutons), c’est le nom d’un titan. En 1995, le premier opus développé par Graffiti était la seule alternative crédible — et sacrément couillue — au Ridge Racer de Namco qui régnait sur PlayStation. C’était l’époque glorieuse du PC « Gaming » naissant, où l’on ne passait pas trois heures dans les menus pour régler la pression des pneus ou la carrossage, mais où l’on priait simplement pour que notre carte 3D (ou notre processeur Pentium 60) ne fonde pas en affichant trois polygones de plus que la veille. C’était le temps du fun immédiat, du drift qui ne respectait aucune loi de la physique et des musiques CD-Audio qui crachaient des riffs de guitare bien gras.
Trente ans plus tard, voir les Italiens de Milestone reprendre le flambeau est un choc culturel. D’ordinaire, ce studio est aussi sérieux et rigoureux qu’un notaire milanais, nous habituant depuis des années à la précision clinique de leurs simulations de MotoGP ou de Ride. Les voir « craquer leur slip » pour nous livrer ce reboot, c’est comme si votre prof de maths favori s’achetait une Harley-Davidson sur un coup de tête et décidait de faire du skate sur les bureaux : c’est inattendu, c’est un peu flippant pour ses articulations, mais purée, qu’est-ce que c’est rafraîchissant. Disponible depuis le 26 mars 2026, ce nouveau Screamer est une lettre d’amour brutale, futuriste et un brin sadique à l’arcade pure. C’est un rappel sanglant que conduire peut aussi être une expérience viscérale, bordélique et surtout, terriblement jubilatoire.
Ce test a été réalisé sur une version physique envoyée par l’éditeur, que je remercie chaleureusement, testé sur une PS5 Slim. Le jeu est disponible au tarif de 69,99 € sur PS5, Xbox Series X|S et PC.
- 📖 Un scénario à la "Fast & Furious" version Visual Novel : Les Factions de Neo-Rey
- 🖼️ Une claque visuelle entre Cyberpunk et Japanime : L'esthétique Neo-Rey
- 🎮 Gameplay & Modes de jeu : L'art du chaos
- 🔊 Une bande-son qui vous injecte de l'adrénaline (et des acouphènes)
- ⏳ Durée de vie et Éthique : Le paradis perdu du "Gamer"
- ⚠️ Une difficulté qui ne connaît pas la pitié : L'IA "Terminator"
- 🏆La gifle arcade qu'on n'attendait plus
- ❓ FAQ : Tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer




📖 Un scénario à la « Fast & Furious » version Visual Novel : Les Factions de Neo-Rey
On ne va pas se mentir, d’habitude, le scénario dans un jeu de course, c’est : « Tu es le petit nouveau, gagne la coupe en chocolat et rentre chez toi ». Ici, c’est un peu plus barré, limite schizophrène. On se retrouve propulsé au milieu d’un tournoi illégal organisé par un mystérieux M. A (le genre de méchant qui a probablement un chat blanc et un plan de domination mondiale). Mais plutôt qu’un avatar muet, on navigue entre des destins croisés de factions qui ont toutes un passif plus ou moins lourd, où chaque victoire est un sursis et chaque défaite une tragédie :
- Les Green Reapers : Menés par l’énigmatique Silas, ce sont des anciens mercenaires d’élite dont l’unité a été sacrifiée pour couvrir un scandale industriel. Ils ne courent pas pour la gloire, mais pour infiltrer les serveurs centraux de Neo-Rey via le signal du tournoi. Ambiance joyeuse garantie : Silas vous parle de vengeance froide et de fantômes du passé entre deux dérapages à 300 km/h. On est plus proche du drame shakespearien que de Mario Kart.
- Les Strike Force Romanda : Probablement ma faction préférée pour son côté totalement absurde et génial. Imaginez trois pop-stars japonaises, les « Romanda Sisters », dont la carrière a été brisée par une IA générative qui les a remplacées sur scène. Elles utilisent la course comme un outil de propagande pirate, hackant les panneaux publicitaires de la ville à chaque tour de piste pour diffuser leurs clips interdits. C’est Spice Girls rencontre Mad Max avec des chorégraphies mécaniques et une rage médiatique folle.
- Le Kagawa-Kai : Ici, on touche au glauque. Ce ne sont pas des Yakuzas flamboyants, mais des hommes et des femmes « augmentés » dont les prothèses cybernétiques appartiennent à une banque de l’ombre. S’ils ne remboursent pas leur dette via les gains du tournoi, la banque désactive leurs implants à distance. Pour eux, finir deuxième n’est pas une option, c’est une mort cérébrale en plein virage.
Le jeu adopte une structure de Visual Novel assumée, avec des illustrations de personnages signées par des maîtres du genre, dont les portraits expressifs s’affichent lors des dialogues pré et post-course. L’écriture surprend par sa noirceur et sa maturité, abordant sans détour des thèmes comme le deuil technologique, l’aliénation par le travail ou la corruption systémique. Pour donner vie à cette galerie de parias, Milestone a sorti le grand jeu côté doublage, s’offrant les services d’un Troy Baker impérial dans le rôle de Silas et de Laura Bailey pour la meneuse des Romanda.
Le petit détail « meta » qui m’a scotché : le système de Traduction Neuronale. Chaque pilote s’exprime dans sa langue natale (Japonais, Russe, Italien, etc.) mais vous l’entendez en français avec un léger effet de distorsion synthétique, simulant l’implant que votre personnage possède. Si l’implant « surchauffe » lors d’un crash, la traduction saute et vous n’entendez plus que les cris d’origine des concurrents : immersif au possible ! Les rares cinématiques, confiées au studio japonais Polygon Pictures (Ghost in the Shell, Blame!), sont de véritables claques visuelles rappelant l’âge d’or de l’animation automobile japonaise des années 90. On regrette juste amèrement qu’elles soient aussi courtes qu’un message de rupture par SMS : 30 minutes au total sur l’ensemble du jeu, c’est une insulte tant on aurait voulu se perdre dans cet univers pendant des dizaines d’heures.

🖼️ Une claque visuelle entre Cyberpunk et Japanime : L’esthétique Neo-Rey
Graphiquement, le jeu ne cherche pas à vous montrer chaque pore de la peau du pilote ou le grain de cuir des sièges, et honnêtement, c’est tant mieux. Screamer est un véritable bonbon visuel qui assume sa direction artistique « néon-partout-partout » avec une insolence rare. On est plongé dans Neo-Rey, une métropole dystopique où il pleut littéralement 24h/24. Grâce au Ray Tracing poussé dans ses derniers retranchements sur PS5, le bitume mouillé reflète tellement les enseignes lumineuses que j’ai failli sortir mes lunettes de soleil en pleine nuit. C’est une débauche de lumières volumétriques et de reflets dynamiques qui transforment chaque flaque d’eau en un tableau de maître cyberpunk.
Le travail sur les textures est fascinant : les développeurs ont opté pour un mélange audacieux. On navigue entre des gratte-ciel qui vous donnent le vertige tant ils semblent s’étirer jusqu’à l’infini avec un niveau de détail industriel, le désert ocre de Sky Road où la poussière s’élève en volutes stylisées rappelant les plus beaux plans de Mad Max, et la Forest, une jungle technologique où les jeux de lumière filtrant à travers les arbres synthétiques vous feraient presque oublier que vous roulez à 350 km/h. Le look global fusionne ces décors hyper détaillés avec un rendu « Cel-Shading » léger appliqué aux voitures. Ça a un côté Initial D sous stéroïdes ou Wangan Midnight qui flatte la rétine à chaque seconde, créant une image hybride à la fois organique et dessinée.
La fluidité ? Un 60 FPS aussi solide qu’un bloc de marbre italien, ce qui relève du miracle compte tenu de la débauche d’effets de particules et de post-process. Quand vous activez l’Overdrive, l’esthétique du jeu mute littéralement pour accompagner la décharge de puissance : les couleurs saturent jusqu’à l’irréel, le champ de vision se déforme avec un effet de lentille grand-angle et l’écran se transforme en un feu d’artifice de traînées lumineuses persistantes qui explosent à chaque frottement contre un rival. Les modèles de bagnoles, bien que totalement fictifs, sont des bijoux de design aérodynamique. Les carrosseries se froissent avec une violence satisfaisante lors des impacts, les néons du châssis clignotent frénétiquement en cas de choc critique et les suspensions s’écrasent avec un réalisme physique qui jure délicieusement avec le style graphique hyper coloré.



🎮 Gameplay & Modes de jeu : L’art du chaos
Screamer ne fait pas dans la dentelle et propose une conduite arcade ultra nerveuse qui vous donnerait presque envie de vérifier si votre ceinture de sécurité est bien attachée dans votre salon. Le panel de modes est assez varié pour occuper aussi bien le pilote du dimanche que le mordu de la gâchette :
- Modes Classiques : On retrouve les incontournables courses solo contre l’IA et le contre‑la‑montre. Ce dernier est particulièrement addictif : on se surprend à recommencer cinquante fois le même virage pour grappiller un millième de seconde et humilier les records mondiaux sur le leaderboard.
- Team Races : Ici, on coopère avec des coéquipiers pour dominer la piste. C’est stratégique et bordélique par moments : il faut savoir alterner entre l’attaque pure pour mener la course et le rôle de « tank » pour bloquer les adversaires trop entreprenants. C’est terriblement satisfaisant de voir son pote passer la ligne d’arrivée grâce à un tampon bien placé sur un rival au dernier virage.
- Score Challenge : Ce mode nous pousse à enchaîner figures et combos pour scorer un maximum. C’est un peu le « Tony Hawk » de la bagnole : chaque dérapage prolongé, chaque saut millimétré et chaque frôlement de mur à haute vitesse fait grimper le multiplicateur. Un vrai test de style où l’on finit souvent par sacrifier sa carrosserie pour quelques points de bonus.
- Overdrive : Le mode roi où le boost devient la clé absolue. C’est simple : votre jauge d’énergie fond comme neige au soleil et vous devez la recharger en prenant des risques insensés. Si vous ne gérez pas votre flux, vous finissez en décoration murale sur un gratte-ciel en moins de temps qu’il ne faut pour dire « Oups ».
Le gameplay est fun et très accessible, mais sous ses airs de « pick up and play », il cache une vraie nervosité qui demande un doigté de chirurgien :
- Sensations de vitesse : On ne va pas se mentir, les boosts procurent une sensation de vitesse folle qui vous décolle la rétine. Les voitures répondent au quart de tour à chaque sollicitation. Mention spéciale aux dérapages : ils sont précis et spectaculaires, même s’il faut un petit moment pour s’adapter à la physique qui flirte avec l’irréel pour ne pas finir en toupie à chaque épingle. Une fois maîtrisé, on enchaîne les courbes avec une fluidité presque hypnotique.
- Pilotage Instinctif : Sur manette, le pilotage reste instinctif. Les collisions ont un vrai « poids » — on sent qu’on conduit des monstres d’acier dopés à l’électron et pas des boîtes d’allumettes. Le retour de force est bien dosé, et le HUD est limpide, vous permettant de surveiller votre vitesse, votre réserve de boost et l’état général du véhicule (qui se dégrade visuellement avec des étincelles et des morceaux de tôle qui volent à chaque contact) sans jamais quitter la trajectoire des yeux.
- Modes & Compétition : Là où le jeu prend vraiment tout son envol, c’est en ligne. Le multijoueur cross-play est stable, rapide et dynamique. Les ligues hebdomadaires et les challenges mondiaux offrent une vraie rejouabilité pour ceux qui aiment la compétition pure et dure. On se retrouve vite à enchaîner les « Juste une dernière course » jusqu’à 3h du matin.
Le mode solo, baptisé « The Tournament« , apporte un contexte narratif façon anime. Bien que je ne sois pas fan de ce style habituellement, j’ai pourtant bien apprécié le boulot des développeurs : c’est propre, bien rythmé et ça donne du relief à l’expérience. On suit plusieurs équipes rivales, chacune avec ses pilotes aux motivations propres (souvent sombres et torturées), à travers une compétition clandestine pleine de rebondissements. Les cinématiques ajoutent un vrai cachet, même si l’histoire reste surtout un excellent prétexte pour justifier le passage d’un circuit urbain saturé de néons à un canyon désertique baigné de poussière.
Un bémol toutefois sur l’IA : elle s’avère parfois capricieuse. Elle est capable de vous donner un challenge digne d’un pro-player comme de se planter lamentablement contre un mur sans raison apparente ou d’adopter des trajectoires totalement lunaires. C’est frustrant quand on cherche la perfection d’une course propre, mais un patch day one est déjà annoncé pour lisser ces comportements erratiques.



🔊 Une bande-son qui vous injecte de l’adrénaline (et des acouphènes)
Si vos oreilles pouvaient parler, elles vous supplieraient probablement d’augmenter le volume jusqu’à ce que les vitres tremblent. La bande originale, signée par le duo de choc Max Aruj et Luigi Pianezzola, n’est pas juste une musique d’ambiance, c’est une agression sensorielle de haut vol, un véritable mur de son qui ne laisse aucune place au silence. On est sur un mélange furieux de rock industriel nerveux, de Tech-House chirurgicale et de Drum & Bass épileptique qui vous injecte une dose d’adrénaline pure directement dans le cortex frontal. C’est le genre de son viscéral qui vous donne instantanément envie de rouler à contresens sur l’autoroute en hurlant pour couvrir le bruit du vent (conseil d’ami : ne faites pas ça, restez sur votre console).
Le design sonore est d’une intelligence rare, presque organique : le mixage est totalement dynamique et réactif à votre pilotage. Chaque micro-événement sur la piste trouve son écho acoustique : quand vous frôlez un mur à 300 km/h, la musique s’étouffe brutalement sous un filtre de distorsion métallique terrifiant ; quand vous activez le boost, les basses explosent littéralement pour souligner la poussée herculéenne des turbines. On sent que chaque kick de batterie a été placé là pour faire vibrer votre cage thoracique en parfaite synchronisation avec les vibrations haptiques de la DualSense.
Le travail sur les moteurs est tout aussi impressionnant et déstabilisant : oubliez les bruits de tondeuses à gazon des simulations polies. Ici les voitures hurlent, sifflent et crachent des flammes avec un bruit de moteur à réaction qui ferait passer un Boeing pour un ventilateur de bureau asthmatique. Le sifflement des turbos et les détonations d’échappement sont d’une netteté effrayante. Jouez impérativement au casque (avec l’audio 3D activé pour ressentir la position des rivaux dans votre nuque), ou préparez-vous à ce que vos voisins finissent par appeler la police pour tapage nocturne — ce qui, entre nous, est parfaitement raccord avec le thème de courses illégales et de chaos urbain du jeu. C’est une expérience auditive totale qui finit de transformer votre salon en cockpit de chasse.



⏳ Durée de vie et Éthique : Le paradis perdu du « Gamer »
On va poser les bases tout de suite : pas de « Battle Pass » à 20 balles, pas de micro-transactions honteuses pour une peinture de carrosserie, pas de boutiques éphémères qui vous incitent à sortir la carte bleue pour espérer être compétitif. Ici, on est dans l’arcade pur jus, une relique magnifique d’un temps que l’on pensait révolu : on débloque tout à la sueur du front et à la force du pouce. Screamer respecte votre temps et votre portefeuille avec une intégrité qui force le respect en 2026.
Comptez une bonne grosse quinzaine d’heures (voire vingt si vous galérez avec les deux sticks) pour boucler la campagne principale, et facilement le double si vous visez les 100 % — c’est-à-dire décrocher l’or sur les 32 circuits et maîtriser les 15 pilotes aux styles radicalement différents. Chaque véhicule débloqué est une récompense savoureuse, un trophée qui prouve votre valeur sur le bitume plutôt que l’épaisseur de votre compte en banque. On retrouve ce plaisir simple de la collectionnite sans le sentiment de se faire traire par un algorithme. Les défis secondaires, comme les objectifs de « Sponsor » qui demandent des prouesses spécifiques (finir une course sans jamais freiner, par exemple), ajoutent une couche de rejouabilité bienvenue pour les perfectionnistes.
Mais le véritable trésor, le truc qui m’a fait verser une petite larme de nostalgie au milieu d’un océan de pixels néon, c’est le retour triomphal du multijoueur en écran partagé jusqu’à 4 joueurs. Oui, vous avez bien lu : Milestone a réussi l’impossible en maintenant un 60 FPS (presque) stable avec quatre joueurs sur le même canapé. C’est un voyage temporel direct en 1998, une époque où le plaisir de jeu se mesurait à la proximité physique de ses rivaux. Pouvoir insulter ses potes en direct parce qu’ils vous ont envoyé valser dans le décor avec un Strike bien placé alors que vous étiez à deux doigts de la victoire, ça n’a absolument aucun prix.
Les rires qui fusent, les cris de détresse, les « mais j’avais tourné, c’est la manette ! » hurlés à la face du téléviseur… c’est fluide, c’est chaotique, et c’est surtout infiniment plus humain et gratifiant qu’un lobby en ligne anonyme rempli de pseudos imprononçables et de micros qui grésillent. C’est le jeu de soirée par excellence, celui qui va ruiner des amitiés le temps d’une course mais créer des souvenirs impérissables, exactement comme à l’époque héroïque des premières LAN parties ou des tournois improvisés dans un garage. C’est une bouffée d’oxygène dans une industrie qui semble avoir oublié que le jeu vidéo est, à la base, un média social de salon.



⚠️ Une difficulté qui ne connaît pas la pitié : L’IA « Terminator »
On ne va pas passer par quatre chemins : l’IA de Screamer ne rigole absolument pas. Elle ne se contente pas de conduire, elle vous chasse. Les adversaires ne semblent jamais faire d’erreurs humaines : oubliez les freinages tardifs ratés, les trajectoires approximatives ou les glissades mal contrôlées. Ils pilotent avec une précision chirurgicale et bénéficient d’un effet « élastique » (Rubber Banding) assez énervant qui ferait passer une sangsue pour une amie distante. Vous avez beau conduire comme un demi-dieu scandinave, ils seront toujours tapis dans votre angle mort, à vous surveiller comme un huissier de justice un lendemain de loyer impayé.
C’est un affrontement constant où l’ordinateur ne vous lâche jamais d’une semelle. L’IA de Screamer possède cette fâcheuse tendance à lire vos inputs : tentez de la bloquer, et elle trouvera le millimètre de bitume restant pour vous déborder. Le jeu flirte très souvent avec le pur « Die and Retry ». On finit par apprendre les circuits par cœur, virage par virage, pixel par pixel, non pas par simple plaisir esthétique, mais par pur instinct de survie. Chaque épreuve devient un puzzle à haute vitesse où la moindre micro-seconde d’hésitation est sanctionnée par une collision dévastatrice ou une perte de position irrattrapable.
C’est frustrant, c’est parfois injuste (surtout quand on se fait tamponner à 350 km/h par un adversaire qui semble ignorer les lois de l’inertie), mais c’est diablement gratifiant quand on finit par passer la ligne en premier après vingt tentatives infructueuses. Heureusement, Milestone a eu la décence d’inclure des aides (freinage assisté, drift automatique) pour ceux qui ne veulent pas finir en thérapie ou racheter une manette après seulement trois courses. Mais ne vous y trompez pas : ici, on ne gagne pas parce qu’on a sorti la carte bleue pour acheter une meilleure voiture. On gagne parce qu’on a enfin compris comment dompter la bête sans finir dans le décor. C’est un apprentissage à la dure, une école du bitume qui ne pardonne rien, mais qui rend chaque victoire épique, redonnant ses lettres de noblesse au plaisir brut du dépassement de soi. C’est du « Hardcore Arcade » dans toute sa splendeur.




🏆La gifle arcade qu’on n’attendait plus
Screamer sur PS5, c’est bien plus qu’une simple mise à jour technique ou qu’un simple exercice de nostalgie facile : c’est le retour triomphal du fun brut, sans fioritures et surtout sans aucune pitié pour votre ego. Dans un marché saturé par des titres qui cherchent à plaire à tout le monde en lissant chaque aspérité, ce reboot prend le contrepied total. C’est un jeu qui possède ce qu’on appelle « la gueule et le cœur » : une identité visuelle néon-rétro-futuriste absolument hypnotique couplée à un système de conduite arcade pur et dur qui redéfinit la notion de maîtrise. Il ne se contentent pas de vous demander de tourner, il exige que vous fusionniez avec votre manette pour dompter des trajectoires que la physique classique réprouverait.
Le contrat rempli par Milestone est clair : redonner ses lettres de noblesse à l’arcade « sang et larmes ». Alors oui, l’IA va vous faire rager jusqu’à la limite de la rupture nerveuse, oui vous allez exploser en plein Overdrive façon bouquet final de 14 juillet à cause d’un pixel mal négocié, mais purée, que ça fait du bien de retrouver un jeu de course qui a une âme et qui ne vous prend pas par la main comme si vous aviez encore des petites roues à votre vélo.
Chaque victoire dans Screamer se mérite, chaque drift réussi est une petite décharge de dopamine et chaque session en écran scindé rappelle pourquoi on aimait tant le jeu vidéo avant l’ère des micro-transactions généralisées. C’est un titre indispensable, viscéral et terriblement punitif pour tous ceux qui trouvent que les simulations actuelles sont devenues un peu trop polies, trop prévisibles et terriblement aseptisées. Si vous cherchez de l’adrénaline pure, un défi qui vous fera suer des mains et une courbe de progression qui en a vraiment dans le ventre, vous venez de trouver votre nouveau sanctuaire du bitume. C’est brutal, c’est injuste parfois, mais c’est surtout le meilleur shoot d’arcade de la décennie.
✅ Les Plus
- Direction Artistique hypnotique : Un mélange cyberpunk/japanime qui décroche la mâchoire.
- Gameplay : Une profondeur de pilotage inédite en arcade.
- Bande-son dantesque : Un mixage dynamique qui vous met littéralement dans la course.
- Esprit « Old-School » : Pas de micro-transactions, tout se débloque au mérite.
- Le Split-screen à 4 : Un miracle technique pour des soirées légendaires.
❌ Les Moins
- IA « Sangsue » : Le Rubber Banding est parfois trop artificiel et frustrant.
- Physique « Savonnette » : Quelques bugs de collisions envoient parfois la voiture en orbite.
- Customisation limitée : On aurait aimé pouvoir modifier un peu plus la mécanique des bolides.
- Lisibilité parfois précaire : Trop d’effets visuels tuent parfois la visibilité du tracé.
Si vous avez gardé votre âme d’enfant capable de s’émerveiller devant des néons roses tout en ayant la patience d’un moine bouddhiste face à une difficulté digne d’un Elden Ring sous protoxyde d’azote, foncez, ce jeu est votre nouveau messie. En revanche, si vos nerfs sont aussi fragiles qu’une carrosserie en plastique, fuyez pauvres fous : ce jeu va dévorer votre santé mentale, vos pouces et probablement votre DualSense avant même que vous ayez passé le premier virage.
❓ FAQ : Tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Faut-il avoir joué aux épisodes originaux des années 90 ? Absolument pas. Bien que le jeu regorge de clins d’œil pour les nostalgiques, c’est un reboot complet avec un nouvel univers et un gameplay totalement repensé. Vous pouvez plonger dans Neo-Rey sans aucune connaissance préalable.
Le système de pilotage est-il paramétrable ? Oui. Bien que le jeu soit exigeant par défaut, Milestone a inclus un mode « Classique » dans les options qui automatise certaines corrections de trajectoires pour ceux qui préfèrent une conduite plus traditionnelle. Mais attention : vous perdrez en précision et en sensations.
Y a-t-il du contenu multijoueur en ligne ? Oui, des lobbies jusqu’à 16 joueurs sont disponibles avec un système de classement mondial. Le « Netcode » est d’ailleurs très solide, même si le plaisir de l’écran partagé reste imbattable.
Le jeu est-il compatible avec les volants ? Oui, les principaux modèles (Logitech, Thrustmaster, Fanatec) sont reconnus. Le stick droit est alors mappé sur les palettes ou sur un levier séquentiel selon votre configuration. L’expérience est encore plus physique, mais attendez-vous à avoir des courbatures aux bras !
Quelle est la différence entre la version PS5 et la version PC ? La version PS5 exploite magnifiquement les gâchettes adaptatives et les retours haptiques de la DualSense (on sent littéralement le moteur brouter sous les doigts). La version PC permet quant à elle de débloquer le framerate au-delà de 60 FPS pour les possesseurs d’écrans 144Hz.
Share this content:
About The Author
En savoir plus sur La Pause Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
