Si vous avez passé vos dernières années à errer dans les rues de Martinaise, à débattre avec votre propre psyché et à vous demander si le nihilisme est une option de carrière viable, alors vous savez à quel point le vide laissé par Disco Elysium est abyssal. On a tous cherché un remplaçant, un titre capable de titiller nos neurones autant que nos angoisses existentielles, sans pour autant nous offrir une aventure aseptisée. Et voilà que le studio Longdue débarque avec Hopetown, un projet qui semble avoir non seulement compris ce besoin viscéral de profondeur narrative, mais qui a décidé de le transformer en une véritable arme de destruction massive.
Le studio vient de lâcher un nouveau teaser de gameplay, et loin d’être une simple mise à jour de développement, c’est une véritable onde de choc qui secoue le milieu du RPG narratif. Ce n’est pas seulement un jeu sur lequel nous posons les yeux : c’est l’héritier spirituel d’une certaine école de pensée vidéoludique où chaque choix, chaque mot, chaque clic, possède un poids existentiel. L’arrivée d’Olga Moskvina — rédactrice et éditrice de génie derrière des personnages iconiques comme Ruby ou Bird’s Nest Roy — au sein de l’équipe confirme une ambition démesurée : nous offrir une expérience où la vérité ne se trouve pas, elle se fabrique. Préparez vos carnets, car à New Greenwich, l’objectivité est morte et enterrée.
- 🛠️ Une "Dream Team" pour un monde en ruines
- ☢️ Bienvenue à New Greenwich, là où la vérité est une marchandise
- 🎙️ Journaliste : De l'enquête de terrain au clic facile
- ✍️ La plume est plus forte que l'épée (et surtout plus dangereuse)
- 🗞️ Le "Newsflash" : Devenez une légende (ou un entrefilet)
- ❓ FAQ : Les questions que vous n'avez pas encore osé poser




🛠️ Une « Dream Team » pour un monde en ruines
Le studio Longdue ne joue pas dans la cour des débutants. Ils ont littéralement privatisé le stade pour y réunir une équipe qui ressemble à la liste des invités du mariage le plus intellectuel et créatif de la décennie. C’est une concentration de matière grise tellement dense qu’elle pourrait créer un trou noir intellectuel sur le marché du RPG. Aux commandes, on retrouve Olga Moskvina, dont la plume et le sens aigu du peaufinage linguistique ont littéralement sculpté l’âme de Disco Elysium. À ses côtés, l’architecte du chaos Martin Luiga, co-fondateur de ZA/UM, apporte une vision narrative qui refuse tout compromis. Pour faire tourner cette machine infernale, Veljo Hagu, le développeur logiciel original de Disco Elysium, s’assure que la structure technique soit aussi solide que le scénario est tortueux. Enfin, la vision artistique est portée par l’extraordinaire Astri Lohne, capable de donner vie à des décors qui racontent une histoire avant même qu’on ne lise la première ligne de dialogue.
Cerise sur ce gâteau de cynisme et d’excellence, Stark Holborn — la plume derrière l’excellent Shadows of Doubt et Nivalis — rejoint la mêlée pour orchestrer un scénario qui promet d’être aussi complexe que sombre. Avec un tel aréopage, le risque n’est plus le manque de talent, mais plutôt de se retrouver totalement dépassé par une écriture si fine et une direction artistique si précise qu’on en oublierait presque de jouer. Ici, chaque dialogue est une lame à double tranchant, chaque scène est une composition d’orfèvre, et la narration ne se contente pas de vous raconter une histoire : elle vous dissèque, vous analyse et vous recrache, transformé. Vous voilà prévenus.

☢️ Bienvenue à New Greenwich, là où la vérité est une marchandise
L’histoire se déroule à New Greenwich, une cité minière post-apocalyptique marquée au fer rouge par « The Flare ». Ce n’était pas une simple panne de courant : c’est une éjection de masse coronale qui a purement et simplement grillé toute l’électronique mondiale il y a des décennies, renvoyant l’humanité à l’âge de pierre avec un goût de cendre dans la bouche. La civilisation tente désespérément de se reconstruire grâce au Quicksilver, une substance mystérieuse, presque alchimique, qui permet de reconnecter un monde en lambeaux. Mais à quel prix ?
Dans cette dystopie où le progrès n’est qu’une illusion publicitaire entretenue par la De Luna Corporation, vous débarquez sur l’île d’Entre. L’ambiance est lourde : les mineurs disparaissent dans l’indifférence générale, les réserves de Quicksilver s’épuisent comme l’espoir des habitants, et le ciel gronde comme une mauvaise conscience. Mais ici, vous ne jouez pas le rôle du détective alcoolique en quête de rédemption. Vous êtes un journaliste. Et dans ce théâtre de l’absurde, la vérité n’est pas une valeur morale : c’est une monnaie d’échange, une arme contondante, et, si vous savez manipuler l’information, un mensonge extrêmement rentable. Vous ne venez pas pour sauver le monde, mais pour en raconter la fin (ou le début d’autre chose), et votre stylo est plus tranchant que n’importe quelle machette rouillée trouvée dans une mine abandonnée.


🎙️ Journaliste : De l’enquête de terrain au clic facile
C’est ici que Hopetown se distingue radicalement de ses pairs du genre RPG. Le jeu ne se contente pas de vous faire choisir une classe de personnage : il vous demande de définir votre propre « brand » journalistique, votre manière de filtrer le réel pour le transformer en information (ou en désinformation). Choisir votre classe, c’est choisir votre poison, et chaque approche transforme radicalement la manière dont vous interagissez avec les habitants de New Greenwich :
- Le Correspondant : C’est l’enquêteur pur et dur, le paria de la rédaction qui refuse de lâcher l’affaire. Méthodique, analytique, ses yeux fonctionnent comme un appareil photo et ses mains comme une horloge suisse. Il cherche le fait brut, la preuve irréfutable, cette petite incohérence dans le discours officiel qui fait s’écrouler tout un système. Pour lui, la patience est la seule vertu qui vaille, et il est prêt à passer des nuits entières à éplucher des documents poussiéreux pour percer les mystères de la ville. C’est le garant de la vérité, pour peu que vous ayez la patience de la déterrer.
- Le Columniste : C’est le gardien du goût, le snob intellectuel qui regarde le monde depuis sa tour d’ivoire. Il ne cherche pas la vérité brute — c’est bien trop vulgaire — mais le « sens » et la perspective. C’est celui qui décide ce qui est important, ce qui mérite d’être discuté dans les salons mondains et ce qui doit finir dans les oubliettes de l’histoire. Son approche est subjective, teintée d’ironie et de mépris bien placé, mais elle est redoutablement influente. Si vous voulez façonner l’opinion publique sans jamais vous salir les mains dans la boue, c’est votre voie.
- Le Gonzo : Le chaos incarné, le roi du clic, l’enfant terrible du journalisme. Il ne s’embarrasse pas de déontologie : il est prêt à enjoliver, déformer, travestir ou inventer totalement la réalité pour captiver l’attention des masses. Pour lui, un fait n’est qu’un matériau brut qu’on sculpte pour créer l’émotion. C’est sans doute la classe la plus dangereuse pour votre réputation et la stabilité de l’île, mais soyons honnêtes : c’est souvent la plus divertissante. Après tout, qui a besoin de la vérité quand on peut avoir le frisson ?

✍️ La plume est plus forte que l’épée (et surtout plus dangereuse)
Le système de jeu repose sur quatre piliers qui s’entremêlent pour créer un récit dynamique et organique :
- Photographie : Inspectez les lieux avec votre appareil. Ce n’est pas juste une question de cadrage ; il s’agit d’extraire du sens des images, de débusquer des indices cachés et des liens que personne d’autre n’a remarqués.
- Interviews : Cuisinez vos interlocuteurs. Utilisez votre instinct d’enquêteur, votre critique culturelle pointue, ou votre talent pour l’exagération « Gonzo » pour obtenir les aveux nécessaires.
- Observations : Lisez le monde. Les tensions, les contradictions sociales et les détails triviaux sont partout. Il vous faudra apprendre à lire entre les lignes.
- Publication : C’est le nœud gordien du système. Ce que vous décidez de publier, les preuves que vous choisissez de présenter (ou de fabriquer), et votre style rédactionnel dictent les conséquences sur le monde.
Le système de Psychogéographie est fascinant : vos articles ne sont pas de simples lignes de texte sans conséquence. Ils modifient l’état du monde, les relations entre les factions et le destin de l’île d’Entre. Avec 21 voix de compétences distinctes (sensationalism, investigation, vogue…), le jeu vous force constamment à remettre en question votre éthique : avez-vous bien fait de publier ce papier incendiaire pour quelques clics de plus ?


🗞️ Le « Newsflash » : Devenez une légende (ou un entrefilet)
Pour marquer le coup et financer un développement qui promet de repousser les limites du genre, Longdue a lancé une édition spéciale et limitée, baptisée « Newsflash », sur la plateforme Kickstarter. Attention toutefois : le chronomètre tourne et cette opportunité s’évapore le 29 mai. Pourquoi craquer, au-delà du soutien pur et simple à une vision artistique aussi radicale ? La réponse est dans la vanité. En rejoignant les rangs des contributeurs, votre nom sera immortalisé dans les colonnes d’un journal lisible à l’intérieur même du jeu. Que vous aspiriez à devenir une figure légendaire de New Greenwich ou, pour les plus cyniques d’entre nous, une brève nécrologique croustillante dans la rubrique des faits divers, c’est votre chance de laisser une empreinte indélébile. En prime, cette édition débloque un accès exclusif à un serveur Discord privé, où vous pourrez harceler — pardon, interagir avec — les développeurs, suivre l’évolution du projet en temps réel et participer aux tests de cette future pépite.
Hopetown s’annonce comme le successeur spirituel que personne n’osait espérer, une œuvre qui transforme la curiosité malsaine et la rigueur journalistique en un moteur de gameplay pur, brutal et délicieusement moralement ambigu.
❓ FAQ : Les questions que vous n’avez pas encore osé poser
Est-ce que Hopetown est la suite officielle de Disco Elysium ? Absolument pas. C’est le cousin éloigné, celui qui a hérité du talent créatif et de l’âme complexe de la famille, mais qui trace sa propre route. On parle d’un héritier spirituel, pas d’un produit sous licence.
Pourquoi un Kickstarter si tôt dans le développement ? Pour financer une vision sans compromis et, accessoirement, pour offrir à la communauté l’opportunité d’entrer dans l’histoire (littéralement). C’est aussi une deadline pour nous mettre la pression. Le 29 mai est la date butoir, après, c’est trop tard pour la gloire éternelle dans le jeu.
C’est un jeu difficile ? C’est un RPG qui demande de réfléchir, de lire entre les lignes et de peser le pour et le contre avant chaque publication. Si vous cherchez de l’action nerveuse à la manette, passez votre chemin. Si vous cherchez un jeu qui vous dissèque intellectuellement, vous êtes au bon endroit.
Sur quelles plateformes le jeu sera-t-il disponible ? Le mystère reste entier, à l’image du monde de New Greenwich. Gardez un œil sur les prochaines annonces du studio, car le journaliste que vous êtes devra rester aux aguets pour le moindre scoop.
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