Vous pensiez que le futur serait fait de voitures volantes rutilantes, de colonies martiales et de cocktails fluos servis par des robots sexy à la voix suave ? Dommage. Dans Celestial Return, le futur a une gueule de bois carabinée, un badge rouillé et une rose qui parle (et qui a probablement plus de répartie que vous). Ici, l’humanité n’a pas conquis les étoiles ; elle s’est simplement enfermée dans une cage dorée dont la peinture s’écaille déjà.
Alors que la sortie sur Steam est calée pour le 7 mai, le studio Metaphor Games vient de lâcher son premier devlog, une plongée narrative profonde dans les entrailles de leur projet. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Netherveil City n’est pas exactement la destination idéale pour vos prochaines vacances d’été. Imaginez une mégalopole claustrophobe, véritable labyrinthe de béton et de néons mourants, où l’oppression d’un film noir classique rencontre l’immensité terrifiante d’un récit de Lovecraft.
Entre une architecture brutaliste qui semble vouloir écraser les passants, des cadavres qui refusent de rester morts (parce que même le repos éternel est devenu un luxe) et une surveillance omniprésente qui lit dans vos pensées avant même que vous ne les formuliez, on est plus proche de la thérapie de groupe sous haute tension que de La Croisière s’amuse. Netherveil est une ville schizophrène : elle brille en surface par sa technologie de pointe, mais elle suinte la corruption, le désespoir et l’épuisement spirituel dès qu’on gratte le vernis poli de ses façades. C’est dans ce décor de fin du monde raffinée que vous allez devoir traîner votre carcasse fatiguée.



🌃 Un Cyberpunk qui a « vécu » (et qui a mal aux articulations)
.Dans ce premier carnet de bord, l’équipe de développement nous explique que l’une de leurs principales inspirations visuelles n’est autre que le manga culte Blame! de Tsutomu Nihei. L’idée ? S’éloigner radicalement du « cyberpunk propre » à la Tron ou du style « chromé » habituel pour embrasser une esthétique de l’épuisement total. Le studio a voulu retranscrire ce sentiment de structures impossibles et de mégastructures abandonnées où l’humain n’est plus qu’un parasite, un bug dans une machine devenue trop grande, trop complexe et surtout trop indifférente pour lui. Ici, le progrès n’a pas effacé la décrépitude, il l’a simplement rendue plus sophistiquée, plus froide et omniprésente.
Pour Metaphor Games, cette ville doit être « réelle » émotionnellement, à défaut d’être réaliste. Le studio rejette la mentalité « le style avant la substance » : à Netherveil, la fonction prime sur la beauté. Les objets, les bâtiments et les interfaces sont conçus pour durer et servir, pas pour séduire. Cette approche crée une tension visuelle fascinante : comment rendre un monde beau pour le joueur s’il est intrinsèquement laid et purement utilitaire pour ses habitants ? La réponse réside dans un mélange hybride de genres. Le studio puise dans l’audace visuelle de l’anime pour le cadrage et les contrastes, dans l’horreur psychologique pour instaurer un sentiment de fragilité et de silence inconfortable, et dans le surréalisme de science-fiction pour explorer des vérités émotionnelles là où la logique pure échoue.
La technologie dans Celestial Return n’est donc pas là pour vous faciliter la vie, elle est là pour la réguler, la surveiller et, in fine, l’étouffer. Netherveil est une métropole immense qui semble avoir littéralement « avalé » ses créateurs, laissant derrière elle une humanité spirituellement vidée. C’est un monde de contradictions : c’est beau dans sa déchéance, c’est vaste, mais ça sent la fin de race. Comme le précise le devlog, le futur ici semble étrangement vieux, presque archéologique, comme si la cité était hantée par ses propres abstractions. La fonctionnalité brute a pris le pas sur l’esthétique, créant une ville où chaque recoin semble vous murmurer que vous n’êtes pas le bienvenu, mais que de toute façon, il n’y a nulle part ailleurs où aller. Le design sonore, mélangeant bruits industriels sourds, grincements de métal fatigué et silences oppressants, renforce cette instabilité émotionnelle constante et ce sentiment que la réalité elle-même pourrait glisser à tout instant




🌹 Howard, ses mocassins et sa rose malpolie
Dans ce joyeux tableau, vous incarnez le Détective Howard. Armé de ses « mocassins usés » (parce que le style, c’est important même quand on court après des psychopathes dans la mélasse), d’un badge qui a vu passer trop de chefs corrompus et d’une poche pleine de dés, Howard doit résoudre une série de meurtres particulièrement sordides. Mais Netherveil ne laisse pas ses secrets enterrés facilement : les cadavres ont la fâcheuse tendance à ne pas rester morts, et la corruption qui suinte des murs menace de tout faire exploser à n’importe quel moment. Howard est un homme au bord du gouffre, hanté par un passé qu’on devine aussi sombre que les ruelles qu’il arpente.
Mais attention, vous n’êtes pas seul dans votre misère. Vous êtes accompagné par une rose intelligente et dotée d’un sacré caractère. Véritable conscience cynique, guide spirituel ou simple hallucination de détective fatigué en manque de sommeil ? On ne sait pas encore si elle a besoin d’engrais ou de sarcasmes pour survivre, mais elle promet d’apporter une touche de surréalisme (et d’insultes bien senties) à vos enquêtes. Cette relation entre un flic désabusé et une plante à la langue bien pendue est le cœur battant du récit, offrant un contraste saisissant entre la froideur des machines et la fragilité absurde de la vie organique.

🎲 Lancez les dés pour ne pas mourir (ou pire)
Côté gameplay, Celestial Return délaisse les arbres de compétences classiques pour un système narratif complexe basé sur les lancers de dés. C’est là que la rigueur du RPG tactique percute de plein fouet la cruauté du hasard pur. Chaque interaction, chaque interrogatoire tendu sous les néons et chaque combat contre des horreurs indicibles est une véritable prise de risque. Vos choix de dialogue importent, certes, mais votre réserve de dés — et la manière dont vous gérez vos ressources mentales — déterminent si vous allez obtenir la vérité ou finir avec une balle dans l’épaule.
La fragilité émotionnelle des personnages n’est pas qu’un élément de scénario, elle est au cœur de l’expérience mécanique. Dans une ville où la surveillance érode votre psyché seconde après seconde, la « pression » devient une ressource à gérer. Trop de stress, et vos jets de dés deviennent erratiques. Chaque décision peut vous faire basculer vers un éclair de génie déductif digne des plus grands enquêteurs… ou vers un effondrement nerveux total en pleine rue, vous laissant vulnérable face aux menaces qui rôdent dans l’ombre. Le jeu vous force à peser chaque risque : vaut-il mieux tenter un coup de poker pour obtenir un indice crucial, ou préserver ce qui vous reste de raison pour survivre à la nuit ?
Cette profondeur est rendue possible par un mélange habile de plusieurs couches de narration qui dictent les règles du monde :
- L’horreur psychologique : Pour instaurer un sentiment d’inconfort permanent. Le jeu joue avec vos attentes, déformant le décor ou modifiant les interfaces pour vous faire douter de la réalité même de Netherveil et de la fiabilité de vos propres sens.
- Le surréalisme de science-fiction : Pour explorer les zones d’ombre de la cité. C’est ici que la physique, le temps et la logique décident de prendre des congés payés, laissant place à l’inexplicable et à des structures qui défient l’entendement humain, transformant chaque exploration en un défi métaphysique.
- Le Film Noir : Pour la structure de l’enquête. On y retrouve les codes indémodables : les imperméables trempés, la pluie acide éternelle qui ne semble jamais laver la ville de sa crasse, et un cynisme ambiant qui sert de seule boussole morale dans un monde qui a oublié le sens du mot « justice ».


🕯️ Pourquoi on l’attend ?
Parce que Celestial Return ne cherche pas à être un énième clone de gros titres sur PC. Il cherche à capturer une « vérité émotionnelle » à travers une direction artistique audacieuse qui refuse les compromis. Le studio refuse de se laisser enfermer dans un seul genre, préférant faire s’entrechoquer les styles : l’architecture brutaliste froide côtoie des visions oniriques colorées, et la rigidité des systèmes de contrôle algorithmique se heurte à la fragilité imprévisible de l’âme humaine. C’est un jeu qui a l’air de posséder une âme, même si cette âme est probablement en train de fumer une dernière cigarette dans une ruelle sombre en attendant que le monde s’écroule enfin.
Si vous aimez les ambiances poisseuses, les scénarios qui vous tordent le cerveau et les fleurs qui vous rabaissent intellectuellement, gardez un œil très attentif sur Celestial Return.
Rendez-vous le 7 mai sur Steam pour voir si Netherveil City aura raison de vous
❓FAQ (pour les détectives pressés)
C’est quoi le concept de Celestial Return en deux mots ? C’est un RPG narratif Cyberpunk-Noir où vous jouez un détective au bout du rouleau aidé par une rose sarcastique dans une ville qui veut votre peau. Pensez à un mélange de Disco Elysium, Blame! et Lovecraft.
On sort quand les dés ? Tout le temps. Pour convaincre un suspect, crocheter une serrure ou éviter de perdre la tête face à un cadavre qui se réveille. Le hasard est votre meilleur ami, mais aussi votre pire bourreau.
C’est quoi cette histoire de rose ? C’est votre partenaire. Elle est intelligente, elle parle, et elle est probablement plus saine d’esprit que vous, même si elle passe son temps à vous insulter. Est-elle réelle ? C’est l’un des mystères de Netherveil City.
Le jeu est-il difficile ? La difficulté réside dans la gestion de votre stabilité mentale. Si vous laissez la surveillance et le stress de la ville briser votre psyché, vos chances de survie (et de réussite aux dés) fondront comme neige au soleil.
Sur quelles plateformes pourra-t-on y jouer ? Le jeu est prévu sur PC via la plateforme Steam. Sortie officielle le 7 mai.
Share this content:
About The Author
En savoir plus sur La Pause Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
