Hot Wheels Infinite Rush déboule pied au plancher, fait crisser ses pneus en plastique sur l’asphalte et compte bien rayer la carrosserie de la concurrence ! Il faut dire que depuis près de trente ans, le studio milanais Milestone, fondé au milieu des années 90 (à l’époque sous le nom de Graffiti avec des titres cultes comme Screamer), s’est forgé une solide réputation en nous faisant mordre la poussière. Des simulations ultra-exigeantes telles que MotoGP, Ride, Superbike ou MXGP composaient l’essentiel de leur ADN de développeurs. Pourtant, au milieu de tout ce cuir transpirant et de cette boue virtuelle, les artisans italiens ont trouvé leur véritable fontaine de jouvence grâce à un accord en or massif avec la marque Mattel. En 2021, Hot Wheels Unleashed créait la surprise générale en proposant un jeu de course arcade redoutable, respectant à la lettre l’esprit des fameuses petites voitures, de la brillance de la peinture jusqu’aux traces de moulage. Une recette magnifiée en 2023 avec Unleashed 2: Turbocharged. S’en est suivie une brève période où la licence a été sous-traitée à d’autres équipes pour des spin-offs sympathiques mais anecdotiques.
Aujourd’hui, les véritables maîtres de la franchise vidéoludique reprennent le volant. Et avec ce nouvel opus, Milestone ne se contente pas de nous livrer un simple « Unleashed 3 » sagement réchauffé au micro-ondes. Le studio prend un risque colossal et opère un virage à 180 degrés. Fini l’échelle lilliputienne où l’on slalome entre les pieds de chaises d’une cuisine, les canapés du salon ou les étagères d’un garage poussiéreux ! La licence explose ses murs porteurs pour embrasser sans retenue la formule du monde ouvert, lorgnant sans complexe du côté d’un Forza Horizon, savamment croisé avec la folie d’un Mario Kart. Un pari d’une ambition folle, proposé au tarif attractif de 49,99 € et disponible sur Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Xbox Series X/S et PC. Mais cette nouvelle vision tentaculaire tient-elle la route sur la durée, particulièrement dans les entrailles de la console portable de Nintendo ? Attachez vos ceintures à l’échelle 1:64, on passe la première.
🙏 Un grand merci à Marianne pour l’envoi de l’exemplaire du jeu qui a permis de réaliser cet article (promis, aucune petite voiture n’a été maltraitée durant nos nombreux carambolages ratés) ! 🚗💥

🗺️ Chérie, j’ai agrandi le terrain de jeu !
Le bouleversement majeur et immédiat de ce Hot Wheels Infinite Rush réside dans sa structure globale. La moquette du salon et le carrelage froid de la salle de bains, c’est de l’histoire ancienne. Le titre vous lâche désormais en roue libre sur un vaste archipel composé de quatre biomes distincts, chacun possédant sa propre identité visuelle et ses propres pièges. On slalomera ainsi à toute vitesse entre les immenses gratte-ciel de verre de Wheelswood, on profitera de la végétation luxuriante et des plages de Tentacle Bay, on ira user nos gommes dans les usines rouillées et les canyons poussiéreux de Gearville, avant de finir sur les routes sinueuses, bordées de cerisiers en fleurs, de l’exotique Drifty Temples. Chaque région est sous la coupe d’un « Rush Master », un caïd local particulièrement arrogant. Pour espérer l’affronter, lui subtiliser son bolide unique et ravir son titre de gloire, il faudra d’abord faire grimper votre jauge de réputation en accomplissant des dizaines de défis disséminés sur ses terres.
L’immersion est renforcée par une excellente idée de game design : de nombreuses activités se lancent de manière totalement organique. Il suffit parfois de traverser un portail holographique à pleine vitesse pour déclencher un défi de drift ou une course de points de contrôle, sans avoir à subir des menus interminables. C’est un véritable parc d’attractions à ciel ouvert qui pousse constamment à la déviation. En revanche, ce gigantisme a un coût émotionnel indéniable. On perd inévitablement la magie visuelle des épisodes précédents, qui jouaient brillamment sur le décalage d’échelle. Fini l’impression d’être un jouet minuscule évitant une balle de tennis géante ou un balai. Ici, les îles ressemblent parfois à un monde ouvert automobile presque « classique », sur lequel les développeurs se seraient contentés de jeter des kilomètres de pistes en plastique orange depuis un hélicoptère.
🏎️ Sous le capot : le frisson de l’arcade assumée
Manette en main, le sérieux de la simulation laisse place à un défouloir pur jus. Pas question de jouer la carte du réalisme ou de la gestion millimétrée du freinage : on accélère à s’en déboîter le pouce, on drifte sur des centaines de mètres, on claque son boost dans les lignes droites et on prie pour ne pas s’envoler dans le décor au moindre looping. La physique met un point d’honneur à retranscrire la légèreté des jouets. Conséquence : les carambolages sont spectaculaires et les voitures rebondissent souvent comme des balles magiques. Avec plus de cent cinquante modèles disponibles au lancement (dont d’excellentes licences officielles – j’ai d’ailleurs jeté mon dévolu sur une superbe réplique d’Audi d’une maniabilité exemplaire pour écumer la carte), le jeu flatte notre âme de collectionneur compulsif.
Pour varier les plaisirs et apporter une touche de stratégie, le garage divise son impressionnant catalogue en quatre catégories distinctes. Les Universels font office de bons élèves équilibrés, les Dérapeurs sont indispensables pour survivre aux épingles à cheveux, les Speeders sont des fusées de verre redoutables en ligne droite, et les Titans agissent comme de gros bulldozers qui nettoient la route à coups de pare-chocs. Vous composez une équipe de quatre et pouvez switcher à la volée, ce qui dynamise grandement l’exploration. Le gameplay est d’une fluidité redoutable, mais il faut le souligner : la conduite est d’une simplicité enfantine. Le jeu privilégie clairement l’accessibilité immédiate. Les puristes de la trajectoire parfaite risquent donc de trouver le challenge un poil timide.
🕹️ Jouabilité : Sur des rails en plastique, ou presque !
Abordons le nerf de la guerre : la prise en main. Dès les premiers coups de joystick sur votre Nintendo Switch 2, le constat est sans appel : Hot Wheels Infinite Rush ne cherche pas à vous donner des sueurs froides avec des réglages de suspension pointilleux. La jouabilité mise tout sur l’immédiateté. Les véhicules collent littéralement à la piste orange grâce à un système d’adhérence presque magnétique, indispensable pour encaisser les loopings vertigineux la tête en bas sans subir les affres de la gravité. Le drift est au cœur de l’expérience : une simple pression sur la gâchette de frein dans un virage suffit à faire partir l’arrière de votre bolide dans une longue glissade savoureuse, remplissant par la même occasion votre jauge de boost pour vous relancer comme un boulet de canon.
Cependant, qui dit « jouet » dit physique particulière. Les bolides sont légers, très légers. Si cette apesanteur volontaire permet des sauts spectaculaires au-dessus des gouffres, elle rend aussi la gestion des collisions assez chaotique. Le moindre choc à pleine vitesse, que ce soit contre un mur ou un adversaire, peut vous faire rebondir de manière aléatoire comme une boule de flipper.
Enfin, Milestone a fait un choix fort : celui de l’hyper-accessibilité. Avec un panel d’options redoutablement efficace (freinage automatique, aide à la direction), le jeu se transforme en un titre parfait pour initier les plus jeunes aux jeux de course. Revers de la médaille, les as du volant trouveront peut-être que cette conduite manque de la technicité, de la profondeur et du mordant d’un titre plus exigeant. Mais après tout, on est là pour enchaîner les cascades invraisemblables, pas pour passer le permis de conduire !
🎵 Dans les tympans : Vrombissements et tempo frénétique
L’ambiance d’un jeu de course ne serait rien sans une bande-son capable de faire vibrer les tympans, et sur ce point, le studio milanais a rendu une copie très propre. Les musiques adoptent un tempo dynamique et nerveux qui s’adapte habilement à la zone dans laquelle vous évoluez. On passe ainsi de rythmiques électroniques très urbaines en sillonnant les buildings de Wheelswood, à des sonorités plus tropicales et ensoleillées du côté de Tentacle Bay. Sans être mémorable au point d’acheter la bande originale en vinyle, la musique fait parfaitement le job pour maintenir votre rythme cardiaque à bonne allure.
Mais c’est surtout sur le sound design que Milestone frappe juste. Les développeurs ont parfaitement compris qu’ils modélisaient des jouets et non des mastodontes d’acier de deux tonnes. Les effets sonores des moteurs ont ce petit côté « survitaminé mais léger », tandis que les collisions évitent le fracas assourdissant de la tôle froissée pour privilégier des bruits mats évoquant merveilleusement bien les chocs entre morceaux de plastique dur. C’est immersif, terriblement fidèle à la licence, et cela permet surtout d’enchaîner les accidents spectaculaires sans jamais finir avec une migraine carabinée.
🛠️ Nintendo Switch 2 : Une technique qui souffle le chaud et le froid
Abordons la mécanique pure et les performances techniques. Sur Nintendo Switch 2, le studio a ciblé une résolution en 1080p, solidement arrimée à un framerate de trente images par seconde. Et sur ce point, le contrat de stabilité est rempli haut la main. L’action reste d’une fluidité impériale, y compris lorsque l’écran est littéralement saturé d’effets visuels, d’explosions de boost et de carrosseries brillantes qui s’encastrent les unes dans les autres. La direction artistique, toujours très colorée et saturée, rend vraiment honneur à la console. Cependant, pour maintenir ce cap de fluidité dans un monde ouvert aussi vaste, le jeu s’appuie sur des techniques d’upscaling assez agressives, créant un léger effet de flou sur les décors lointains.
Mais le véritable coup de frein, le carton rouge incontestable de cette version Nintendo Switch 2, ce sont ses temps de chargement. Comptez souvent entre vingt et soixante longues secondes, montre en main, pour passer d’une île à l’autre ou pour charger certaines grosses épreuves. C’est un véritable tue-l’amour technique qui brise net l’élan frénétique de l’exploration, et qui rappelle amèrement que le concept du monde ouvert met les disques durs à rude épreuve.

⏳ Durée de vie : Un coffre à jouets sans fond ?
Si vous avez la patience de supporter ces chargements, sachez que Hot Wheels Infinite Rush n’est pas du genre à faire les choses à moitié quand il s’agit de vous occuper. La durée de vie de base est déjà extrêmement confortable : comptez une bonne quinzaine d’heures rien que pour venir à bout de la campagne principale et triompher des quatre maîtres de course. Mais c’est du côté de l’exploration et de la complétion que le compteur explose littéralement. Les développeurs ont saupoudré l’archipel d’une quantité indécente de collectibles. Avec pas moins de 250 engrenages planqués vicieusement sur chaque île, des tonnes d’autocollants à dénicher, et des jetons à récolter pour personnaliser vos livrées de A à Z, les complétistes acharnés vont en avoir pour leur argent.
Pour couronner le tout, le titre intègre un éditeur de circuits considérablement enrichi. Ce dernier permet désormais d’ancrer vos pistes délirantes directement dans les environnements du monde ouvert, et même d’y ajouter des adversaires gérés par l’IA pour tester vos créations. Ajoutez à cela un multijoueur local en écran partagé jusqu’à 4 joueurs (idéal pour ruiner vos amitiés) et un mode en ligne jusqu’à 12 participants. Précisons tout de même que ce dernier souffre de l’absence de crossplay (jeu inter-plateformes) sur la console de Nintendo, limitant malheureusement le nombre de joueurs potentiels. En résumé : si l’on occulte une certaine répétitivité des défis sur le long terme, le jeu a de quoi squatter votre console pendant des mois.
🏁 Bilan : Un grand oui, avec une once de patience
Hot Wheels Infinite Rush est un pari risqué mais globalement gagnant. S’il abandonne l’identité visuelle si singulière de la « chambre d’enfant géante » pour un monde ouvert un brin plus générique, il compense par une générosité folle, un garage vertigineux et une conduite toujours aussi grisante et spectaculaire. C’est un excellent défouloir pour les plus jeunes, ou pour les nostalgiques cherchant un cocktail survitaminé, à condition d’avoir la patience d’affronter des temps de chargement capricieux sur Nintendo Switch 2 et d’y jouer par petites sessions pour éviter l’indigestion.
🟢 Ce qu’on a adoré :
- Le risque payant du passage au monde ouvert, offrant un immense terrain de jeu sur quatre îles.
- Une durée de vie faramineuse grâce à l’éditeur de circuits, aux nombreux collectibles et aux 150+ véhicules.
- Le sound design ultra-soigné qui reproduit à merveille les chocs en plastique.
- L’intégration organique des défis : on roule, on franchit un portail, et l’épreuve commence sans temps mort.
- La prise en main arcade pure, hyper accessible, qui donne un vrai sentiment de vitesse.
- L’écran partagé à 4 joueurs impeccable pour les soirées sur le canapé.
🔴 Ce qui nous a fait freiner :
- Les temps de chargement sur Nintendo Switch 2, allant de 20 à 60 secondes, qui brisent net le rythme.
- Le monde ouvert fait perdre le charme unique du concept « petit jouet évoluant dans une maison de géant ».
- L’absence totale de voyage rapide : on est forcé de faire de longs trajets, même quand on n’en a pas envie.
- Un gameplay dirigiste qui manquera de profondeur pour les habitués de jeux de course exigeants.
- Pas de multijoueur en ligne inter-plateformes (crossplay) sur cette version, isolant les joueurs Nintendo.
❓ (FAQ) : Tout ce que vous n’avez pas osé demander au garagiste 🛠️
Q : Mon enfant de 6 ans peut-il y jouer sans finir en larmes au premier virage ? R : Absolument ! Hot Wheels Infinite Rush est le roi de l’accessibilité. Le titre propose de nombreuses options d’assistance (comme le freinage automatique ou l’aide à la direction) qui transforment la conduite en une promenade de santé. On est beaucoup plus proche des auto-tamponneuses décomplexées que de l’examen du permis de conduire.
Q : Est-ce qu’on peut jouer à plusieurs sur le même canapé pour ruiner nos amitiés ? R : Oh que oui. Le jeu intègre un excellent mode en écran partagé permettant de jouer jusqu’à quatre en local. La fluidité reste au rendez-vous sur Nintendo Switch 2, idéal pour balancer vos amis dans le vide en toute mauvaise foi. Prévoyez juste une trousse de secours pour les coups de coude réels.
Q : Y a-t-il du crossplay pour affronter mes potes qui jouent sur PlayStation 5, Xbox Series X/S ou PC ? R : Malheureusement non, c’est la crevaison de cette édition. Les joueurs Nintendo Switch 2 doivent rester entre eux dans leur propre bac à sable en ligne. Une limitation dommageable qui réduit le nombre d’adversaires disponibles sur les serveurs.
Q : Les temps de chargement sur Nintendo Switch 2 sont-ils vraiment si catastrophiques ? R : On ne va pas vous raconter d’histoires : ils piquent un peu. Comptez parfois jusqu’à une minute d’attente pour passer d’une île à l’autre. C’est le moment idéal pour scroller sur les réseaux sociaux, vous préparer un café, ou réviser vos tables de multiplication.
Q : Est-il toujours possible de construire ses propres pistes d’orange plastique ? R : Et comment ! L’éditeur de circuits fait son grand retour et il a mangé du lion. Vous pouvez désormais construire vos tracés les plus absurdes et les intégrer directement dans les environnements du monde ouvert. Laissez parler le Michel-Ange du plastique qui sommeille en vous !
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