On a tous connu ces lendemains de soirée difficiles où l’on se réveille avec la bouche pâteuse, sans aucun souvenir de la veille et avec une vague sensation de panique en regardant notre historique d’appels. Mais croyez-moi, votre pire lendemain de cuite n’arrivera jamais à la cheville du réveil de Mary, l’héroïne de Schrödinger’s Call.
Imaginez le tableau : vous ouvrez les yeux dans une pièce sombre et froide. Vous ne savez plus qui vous êtes, d’où vous venez, ni ce que vous faites là. Pour couronner le tout, vous apprenez que la Lune a décidé de quitter son orbite pour venir faire un gros câlin destructeur à la Terre. Et le timing dans tout ça ? Vous avez exactement 21 nanosecondes avant l’impact final. Pas de quoi lancer une partie de cartes, et encore moins de quoi courir s’acheter un pack d’eau. Pourtant, c’est précisément dans ce fragment de seconde microscopique — un battement de cil quantique — que vous allez devoir accomplir la mission la plus importante, la plus absurde et la plus bouleversante de votre vie : devenir la dernière auditrice de l’humanité. Derrière ce concept complètement fou se cache Schrödinger’s Call, une aventure narrative en forme de coup de poing émotionnel développée par les artistes ultra-sensibles du studio indépendant Acrobatic Chirimenjako et éditée par les pointures de chez Shueisha Games. Alors que le très attendu Chapitre 5 vient tout juste de s’offrir une bande-annonce de fin du monde absolument somptueuse, on s’est dit qu’il était grand temps de vous expliquer pourquoi ce jeu disponible sur PC (via Steam) et Nintendo Switch va piétiner votre petit cœur sensible pour votre plus grand bien.



📞 Le Pitch : Le service après-vente de l’Apocalypse ☄️
Oubliez les invasions de zombies baveux, les hivers nucléaires ou les virus mutants qui transforment la population en champignons géants. Dans Schrödinger’s Call, la fin du monde est d’une beauté tragique et silencieuse. C’est une immense lune, presque poétique, qui descend lentement du ciel pour tout balayer. Au milieu de ce chaos suspendu dans le temps, Mary se retrouve seule face à un vieux téléphone rétro à cadran rotatif. Vous savez, ce genre de téléphone vintage où composer un numéro prend déjà trois fois plus de temps que l’espérance de vie qu’il nous reste. C’est là qu’entre en scène Hamlet. Si vous vous attendiez à voir débouler le prince de Danemark en train de faire des monologues existentiels avec un crâne humain, vous faites fausse route. Hamlet est un chat noir. Un vrai chat : cynique, un poil hautain, affublé d’une voix très mystérieuse, et qui semble en savoir beaucoup trop sur la situation. C’est lui qui va vous expliquer, entre deux léchages de pattes, votre nouveau job d’intérêt général. Vous êtes le standard de secours de l’apocalypse.
[ La Lune géante ] ---> ☄️ (Préparez les casques)
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[ La Terre ]
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📞 [ Mary & Hamlet le chat ]
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"Allô ? Ne quittez pas, votre regret est important pour nous..."
Concrètement, le téléphone va sonner. Au bout du fil ? Des inconnus, des âmes perdues, des gens ordinaires coincés dans cet entre-deux mondes un peu flou qui sépare la vie du grand néant. Ils vous appellent pour vider leur sac une toute dernière fois. Vous allez devoir prêter l’oreille à des confessions intimes qui vous serreront la gorge : un vieil homme qui s’en veut d’avoir gâché son mariage, une jeune fille qui n’a pas osé dire « je t’aime » à son meilleur ami, des secrets de famille étouffés pendant des décennies et qui éclatent enfin dans un dernier souffle. C’est un travail de psychologue de l’extrême, sans mutuelle ni chèques-déjeuners, mais d’une humanité désarmante.

⌛ Pourquoi 21 nanosecondes ? (Et autres paradoxes temporels bien perchés) 🧠
Si vous avez séché les cours de physique au lycée, pas de panique, on va faire simple. Sur le papier, 21 nanosecondes, c’est le temps qu’il faut à la lumière pour parcourir à peine plus de six mètres. Autrement dit, si vous essayez de cligner des yeux ou de boire une gorgée de café, vous êtes déjà mort environ trois milliards de fois. Alors comment fait-on pour tenir des conversations de dix minutes avec des inconnus dans un laps de temps aussi ridicule ? C’est là que le jeu s’amuse brillamment avec le principe d’incertitude d’Erwin Schrödinger. Tant que Mary ne décroche pas le combiné, la personne à l’autre bout du fil est dans un état superposé : elle est à la fois vivante et morte, suspendue dans un océan de regrets non résolus. C’est l’acte de décrocher, d’écouter et de dialoguer qui fige la réalité et offre à ces âmes une forme de paix avant le grand boum final.
Visuellement, le jeu prend la forme d’un magnifique livre d’images interactif. Le style graphique d’Acrobatic Chirimenjako évoque des illustrations de contes de fées russes ou de vieux albums de notre enfance. C’est chaud, c’est coloré, c’est incroyablement réconfortant… et c’est ce qui rend le jeu si cruellement génial. Les développeurs ont inventé le concept de la « tragédie cosy ». On est là, emmitouflé sous un plaid virtuel avec une tasse de thé, en train de regarder des graphismes adorables, tout en sentant notre âme se liquéfier face à des lignes de dialogue d’une justesse psychologique redoutable.
Pourquoi ce titre ne ressemble à rien d’autre dans votre bibliothèque de jeux :
- Une direction artistique qui caresse la rétine : Les textures, les jeux de lumière rétro et les animations minimalistes des personnages donnent l’impression d’assister à une pièce de théâtre de marionnettes mélancolique.
- Le silence comme mécanique de gameplay : Dans la plupart des visual novels, on clique comme des sourds sur la touche Entrée pour faire défiler le texte. Ici, chaque mot pèse trois tonnes, et parfois, le meilleur choix de dialogue est simplement de garder le silence pour laisser l’autre pleurer. Vous ne pouvez pas sauver ces gens de la lune, mais vous pouvez sauver leur dignité.
- Un sound-design qui fout les frissons : Le craquement du combiné en bakélite, le ronronnement sourd d’Hamlet, le vent lointain qui annonce la collision… Jouez-y avec un bon casque, ou vous passerez à côté de la moitié de l’expérience (et des larmes).


🎬 Chapitre 5 : L’heure de poser enfin le combiné 🌸
Ceux qui suivent le jeu depuis ses débuts attendaient ce moment avec une impatience mêlée d’une sainte frousse. Le Chapitre 5, qui vient de s’illustrer dans une bande-annonce à couper le souffle, arrive pour apporter le point final et le climax émotionnel à cette odyssée de l’écoute.
C’est dans ce dernier segment que toutes les pièces du puzzle quantique vont s’emboîter pour répondre aux questions qui nous empêchent de dormir :
- Le passé de Mary : Qui est cette fille capable de figer le temps ? Est-elle une humaine ordinaire ou le rouage d’un mécanisme bien plus vaste ?
- Le grand mystère d’Hamlet : Ce chat est-il un guide spirituel, une hallucination due au stress de l’impact, ou juste un chat noir opportuniste qui a trouvé un endroit sympa pour faire sa sieste ? (Connaissant les chats, on ne néglige aucune piste).
- Le sens profond de cette lune tombante : Pourquoi le satellite a-t-il décidé de rompre ses vœux d’apesanteur, et que cache réellement cette fin du monde géométrique ?
Ce dénouement s’annonce monumental. Il va falloir faire preuve d’un courage immense, non pas pour affronter un boss de fin avec une épée géante, mais pour accomplir le geste le plus difficile de tout le jeu : accepter la fin et raccrocher définitivement le téléphone.


📝 L’avis de la rédaction : Faut-il y laisser son PEL ? 💸
On va être parfaitement honnêtes avec vous. Si votre kiff absolu dans le jeu vidéo, c’est de faire des tirs à la tête à 360 degrés sur des ados hurlants en multijoueur, ou d’optimiser vos statistiques d’armure sur un RPG de 200 heures, passez votre chemin. Vous risquez de trouver le temps long (ce qui est un comble pour un jeu qui dure 21 nanoseconds). En revanche, si vous avez été terrassé par la poésie de To the Moon, si vous avez versé votre petite larme devant What Remains of Edith Finch, ou si vous aimez simplement les histoires qui vous rappellent que vous avez un cœur qui bat sous votre cage thoracique, Schrödinger’s Call est un chef-d’œuvre indispensable. C’est un jeu qui fait du bien là où ça fait mal, une œuvre d’une maturité rare qui nous rappelle que ce qui nous rend profondément humains, c’est notre capacité à écouter, à consoler et à partager nos fardeaux, même quand il ne reste plus que quelques millièmes de seconde à vivre.
Et puis, regardez le bon côté des choses : si jamais notre réseau mobile lâche lors de la prochaine vraie fin du monde, vous saurez au moins comment gérer la panique des gens au bout du fil. C’est toujours une compétence à ajouter sur votre CV.
Où choper vos cabines téléphoniques virtuelles :
- 💻 Sur PC : Télécharger Schrödinger’s Call sur Steam
- 🎮 Sur console de salon : Acheter Schrödinger’s Call sur Nintendo Switch
- 🌐 Le site officiel pour frimer devant les copains : Shueisha Games
Avis de sécurité de notre comité éditorial : La direction décline toute responsabilité si vous finissez par appeler votre ex en pleurant après avoir terminé le Chapitre 5. On vous aura prévenu, gardez un paquet de mouchoirs et une grande bouteille d’eau à portée de main.
❓ FAQ (pour ceux qui paniquent)
Est-ce que je vais vraiment mourir en 21 nanosecondes en jouant à ce jeu ? Techniquement, non. Le jeu, lui, dure quelques heures. Votre vie réelle, quant à elle, ne dépend pas du bouton « pause » de votre console. Si vous mourrez pendant votre partie, c’est probablement que vous avez oublié de manger ou de dormir. On décline toute responsabilité.
Est-ce qu’il faut un doctorat en physique quantique pour comprendre l’histoire ? Pas du tout. Le jeu vulgarise le paradoxe du chat de Schrödinger avec beaucoup plus de grâce que votre professeur de physique de terminale. Si vous connaissez la différence entre un chat et une tartine beurrée, vous êtes paré pour l’aventure.
Est-ce qu’Hamlet est un chat méchant ? Il est, comme tout chat qui se respecte, à la frontière entre la divinité bienveillante et l’agent du chaos pur. Il est sarcastique, il juge vos choix de vie, et il a un avis tranché sur tout. En gros, c’est un chat quoi.
J’ai le cœur sensible, est-ce que ce jeu va me détruire psychologiquement ? La réponse courte est : « Oui, probablement ». La réponse longue est : « C’est un peu le but ». Prévoyez une boîte de mouchoirs, peut-être une personne à câliner, et évitez de lancer le jeu juste avant un entretien d’embauche ou un rendez-vous amoureux.
Le Chapitre 5 est-il vraiment le dernier ? Oui. Tout a une fin, même les meilleurs jeux, même le travail d’opérateur téléphonique, et même (spoiler alert) la Terre elle-même. C’est le moment de raccrocher avec classe.
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