Theropods aura mis dix ans à arriver jusqu’à nous. Dix longues années. Une décennie entière pendant laquelle pas mal d’entre nous ont changé trois fois de boulot, déménagé, ou perdu un temps fou à essayer de comprendre ce qui se passait dans le monde. Mais pendant tout ce temps, dans leur coin, une poignée de passionnés s’accrochait à une idée folle. Tout a commencé à l’ancienne, en 2015, lors d’une simple Game Jam. Kostas Skiftas et Sarah Duffield-Harding avaient bricolé un petit prototype sur Flash. Un truc modeste, mais qui avait ce petit supplément d’âme qui fait qu’on s’en souvient. Le public a accroché immédiatement, et au lieu de ranger leur démo dans un dossier oublié du bureau, ils se sont dit : « Et si on en faisait un vrai jeu ? »
Dix ans plus tard, le 20 août 2026 très exactement, le rêve est enfin devenu réalité. Épaulés par l’éditeur Dionous Games et rejoints par le développeur Matt Frith, le studio Lost Token vient tout juste de sortir Theropods sur Steam et GOG. Et quand on voit le parcours du combattant qu’ils ont traversé — un financement participatif éprouvant sur Kickstarter en 2019, l’abandon définitif du moteur Flash d’origine pour tout réécrire sur un outil moderne, une crise sanitaire mondiale qui a ralenti la production et d’innombrables heures de développement grignotées tard le soir après leurs journées de travail respectives —, on ne peut que s’incliner devant leur ténacité.
- ☄️ Quand Cro-Magnon rencontre la S.-F. (sans le moindre dictionnaire)
- 🔇 Un jeu muet… où le décor fait tout le boulot !
- 🎨 L'amour du pixel : Un travail d'artisan fait main
- 🎙️ Ce qu'en disent les créateurs
- 🔥 Les points clés à garder en tête
- 🦖 Notre avis chaud-bouillant
- ❓ FAQ : Tout ce que vous vouliez savoir sans jamais oser le marmonner

☄️ Quand Cro-Magnon rencontre la S.-F. (sans le moindre dictionnaire)
Côté histoire, Theropods nous plonge d’emblée dans un bazar pas possible. On y suit les mésaventures d’une jeune chasseuse de la Préhistoire qui n’a vraiment pas de chance : alors qu’elle rentre tranquillement chez elle après une session de chasse, elle découvre que son village est en cendres et que des barbares particulièrement teigneux ont kidnappé l’intégralité de sa tribu. Pas le temps de pleurer ni de rebrousser chemin : armée de son seul courage et d’une lance de fortune, la voilà qui s’enfonce seule dans une jungle luxuriante, hostile et grouillante de prédateurs pour aller récupérer les siens.
Sauf que la balade réserve une surprise monumentale. En chemin, alors qu’elle traque les ravisseurs, elle tombe nez à nez avec un astronaute venu tout droit de l’espace, planté comme une fleur à côté de sa capsule spatiale complètement bousillée et fumante. Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’elle le prenne pour un monstre et le transforme en brochette sur le feu de camp, une complicité inattendue s’installe. Sans prononcer un seul mot — et pour cause, ils n’ont aucun langage en commun et proviennent d’époques que tout oppose —, ce duo improvisé va devoir s’entraider pour traverser des territoires peuplés de théropodes affamés. Mais très vite, l’aventure prend une autre tournure : des structures métalliques étranges, des artefacts luisants et des technologies d’origine extraterrestre commencent à faire leur apparition au milieu des os de dinosaures, révélant qu’il se trame quelque chose de bien plus vaste au-dessus de leurs têtes.
🔇 Un jeu muet… où le décor fait tout le boulot !
La grande force de Theropods, c’est son parti pris radical : le mutisme absolu. Il n’y a absolument aucun dialogue parlé, aucune ligne de sous-titre, pas d’arbre de réponses et pas la moindre boîte de texte pour vous expliquer ce qu’il faut faire ou vers où vous diriger. Vous êtes totalement livré à vous-même dans un monde où tout s’exprime par le geste, le son, et surtout la logique visuelle. On pense évidemment tout de suite aux chefs-d’œuvre du studio tchèque Amanita Design, comme Machinarium ou Creaks, mais aussi à la série des GO de Square Enix ou à Loom, qui ont eux aussi prouvé qu’un bon dessin et une mise en scène intelligente valent souvent mieux qu’un long discours explicatif.
Dans Theropods, pas question d’aller distribuer des coups de masse à un tyran à plumes ou à un prédateur de dix tonnes sous peine de terminer en amuse-bouche au fond d’un estomac préhistorique. Chaque menace est une énigme environnementale à part entière. Il faut observer minutieusement le comportement de la faune locale, analyser la façon dont un prédateur réagit quand on touche à un élément du décor, faire du bruit pour détourner l’attention d’une garde, utiliser les plantes toxiques de la jungle ou coordonner les actions de vos deux héros. Le jeu jongle constamment entre l’ingéniosité brute de la chasseuse et la technologie résiduelle de l’astronaute (comme son scanner ou ses gadgets spatiaux). C’est du pur point-and-click à l’ancienne où l’on teste des associations d’objets, où l’on se trompe, où l’on rigole des réactions absurdes des personnages, et où l’on finit par avoir ce fameux déclic gratifiant qui débloque la situation.
🌐 La petite ironie qui fait sourire : Même s’il n’y a pas le moindre mot à lire ou à entendre pendant toute l’aventure, les développeurs ont quand même intégré le support de 103 langues au lancement ! Évidemment, cela sert uniquement à traduire les menus, les crédits et les options graphiques, mais la démarche prouve leur volonté de rendre le jeu accessible absolument partout sur la planète sans la moindre barrière culturelle ou linguistique.

🎨 L’amour du pixel : Un travail d’artisan fait main
Quand on se demande pourquoi le projet a mis dix ans à sortir, la réponse saute aux yeux dès qu’on pose le regard sur l’écran. Chez Lost Token, ils n’ont pas pris le moindre raccourci technique : pas de modèles 3D maquillés ni de filtres génériques. Chaque personnage, chaque créature préhistorique, chaque plante carnivore et chaque arrière-plan a d’abord été esquissé et animé à la main sur papier, image par image (frame par frame), à l’ancienne, comme pour les grands classiques du dessin animé. Une fois ce travail colossal terminé, les planches ont été numérisées puis transmises aux pixel artists de l’équipe pour être mis en couleur et convertis dans ce rendu rétro en basse résolution terriblement charmeur.
Le résultat à l’écran a une patate incroyable : les animations sont d’une fluidité exemplaire, bourrées d’humour, de détails secondaires (un petit lézard qui passe en arrière-plan, une feuille qui vole) et de mimiques ultra expressives qui font qu’on s’attache immédiatement à ce duo de choc, malgré l’absence de mots. Et pour couronner le tout, la partie sonore vient coller une ambiance formidable. La bande-son, composée sur mesure, réussit le tour de force de mélanger des percussions tribales très brutes et organiques avec des nappes de synthétiseurs vintage complètement étranges et lancinantes. Ce contraste audio renforce à merveille ce sentiment permanent de décalage entre l’ère des cavernes et la science-fiction rétro-futuriste.
🎙️ Ce qu’en disent les créateurs
« Theropods a pris dix ans à voir le jour, et honnêtement, le jeu qu’il est devenu est exactement la raison pour laquelle cela a pris autant de temps. Nous aurions pu sortir la petite version de la Jam de 2015 et passer à autre chose. Au lieu de cela, nous avons continué à le reconstruire jusqu’à ce qu’il devienne l’aventure sans texte que nous avions toujours voulue. Le voir disponible aujourd’hui sur Steam et GOG est le rêve que nous avons porté tout au long du chemin. »
— Kostas Skiftas & Sarah Duffield-Harding, cofondateurs de Lost Token
🔥 Les points clés à garder en tête
- Zéro texte, zéro dialogue : Toute la narration repose uniquement sur la mise en scène, les expressions faciales des personnages, le langage corporel et la sound-design.
- Un Pixel Art artisanal remarquable : Des milliers d’animations entièrement dessinées à la main, image par image, avant d’être numérisées et pixelisées avec soin.
- Un univers hybride unique : La rencontre improbable et décalée entre les dinosaures, les tribus barbares et la technologie spatiale extraterrestre.
- Des énigmes basées sur la coopération et la réflexion : Pas de combats ni de QTE stressants, ici on ruse, on observe et on combine les compétences de deux héros très différents pour contourner le danger.
- Une bande-son détonnante : Un savant mélange de percussions tribales d’inspiration préhistorique et de synthétiseurs analogiques façon Sci-Fi rétro.
🦖 Notre avis chaud-bouillant
Theropods, c’est typiquement le genre de petit miracle indépendant qui nous rappelle pourquoi on aime tant le jeu vidéo. C’est fait avec les tripes, avec un amour fou du détail et une générosité de chaque instant qui se ressent à chaque tableau. C’est drôle, c’est malin, c’est magnifique à regarder bouger et ça raconte une véritable histoire d’amitié sincère sans jamais avoir besoin d’aligner trois lignes de dialogue.
Si vous cherchez une aventure fraîche, intelligente et pleine de charme pour accompagner vos soirées, jetez-vous dessus sans hésiter. Le jeu est disponible dès maintenant sur PC via Steam et GOG (les versions consoles et mobiles restant à confirmer pour plus tard).
❓ FAQ : Tout ce que vous vouliez savoir sans jamais oser le marmonner
1. Faut-il avoir un Master en paléontologie ou en linguistique pour jouer à Theropods ?
Absolument pas. Comme le jeu ne contient aucun texte ni aucun dialogue parlé, la seule langue requise est la logique visuelle universelle. Si vous savez faire la différence entre une caverne accueillante et la gueule ouverte d’un T-Rex affamé, vous avez toutes les compétences requises.
2. Pourquoi le jeu a-t-il mis 10 ans à sortir ? Les développeurs étaient-ils bloqués dans l’ambre ?
Dix ans, c’est long, mais la patience paie ! Le projet est né lors d’une simple Game Jam en 2015 sous forme de prototype Flash. Entre le succès du Kickstarter en 2019, la réécriture complète du moteur de jeu, la crise sanitaire mondiale et surtout le choix héroïque de dessiner et d’animer chaque personnage et chaque dinosaure à la main, image par image, le studio Lost Token n’a pas chômé. Ils ont privilégié la qualité artisanale plutôt que le travail bâclé !
3. S’il n’y a pas de mots, pourquoi les développeurs annoncent-ils le support de 103 langues ?
C’est la petite touche d’humour de l’équipe ! Évidemment, il n’y a pas un seul mot de dialogue à traduire en jeu. Cependant, cette localisation impressionnante permet de traduire l’intégralité des menus, des configurations de touches, des sous-titres des vidéos de crédits et des options graphiques pour que absolument tout le monde sur la planète puisse lancer le jeu confortablement.
4. Est-ce un jeu d’action violent où l’on dézingue du T-Rex à la mitrailleuse ?
Pas du tout. Theropods est un pure point-and-click à l’ancienne fondé sur la réflexion. Si vous essayez d’attaquer un prédateur de dix tonnes à mains nues ou avec une simple pierre, vous servirez immédiatement de casse-croûte. L’objectif est de ruser, d’observer le décor, de distraire les barbares et d’utiliser la faune locale ainsi que les gadgets du cosmonaute pour contourner le danger.
5. Sur quelles plateformes le jeu est-il disponible et quelle configuration faut-il ?
Theropods est disponible dès maintenant sur PC via Steam, GOG et l’Epic Games Store. Côté configuration, le jeu tournera comme un charme même sur des machines très modestes (un processeur 64 bits, 4 à 8 Go de RAM et n’importe quelle carte graphique compatible DirectX 10/11 suffisent amplement). Les versions consoles ou mobiles n’ont pas encore été annoncées officiellement pour le moment.
Share this content:
About The Author
En savoir plus sur La Pause Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




